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CHAPITRE V

l'immaculle conception et les pères ou les docteurs

DE l'église latine DU III*^ AU XI® SIÈCLE

I. Saint Augustin, premier apologiste, saint Hippolyte; saint Augustin contre Pelage et son disciple , Julien d'Éclane. — II. Saint Ambroise, saint Jérôme, Sopronius l'Ancien; les poètes Prudence et Sedulius ; Fulgence, saint Pierre Chrysologue, saint Maxime de Turin, Fauste, abbé de Lérins. — III. Les Papes : saint Léon le Grand, saint Grégoire le Grand; saint Ildefonse, Paul Diacre, Paschase Ratbert, saint Joseph de Syracuse, Théophane de Tauromine, Fulbert de Chartres, saint Pierre Damien.

SRint Augustin accomplit en Occident l'œuvre d'initiation qu'Origène a remplie en Orient : il est sinon le premier révélateur, du moins le premier apologiste du mystère de l'Immaculée Conception. Nous sommes heureux de trouver au début, dans les deux mondes et les deux Églises, de pareils champions de notre cause.

Saint Augustin avait eu un précurseur aux portes même de Rome.

Dès le commencement du m* siècle, tandis qu'Origène proclamait l'opinion de l'Eglise grecque dans

les termes qn'oo a lit?, un êvètjue de Portus. pivs de Rome, sainl HippulyU^ qui subit le mariyix' en 235^ dévoile par quelques mqts non moins expivs ie sonliment de l'Eglise latine vivant aux catacombes.

K L'arche d*aIliaDce, dit-il « formée de bois inooi'niptible. était le Sauveur. Elle signifiait son tahoi'nacle, exempt de pourriture et de corruption, qui n*a engendré aucune souillure. Or le Seigneur élait exempt du péché, étant formé du bois non sujet à la corruption humaine, savoir : de la Vierge et de Tlvsprit- Saint'. »

La première formule de l'Eglise latine renrornie , comme celle de l'Eglise grecque, toute la vérité, (jui ne changera pas.

Saint Hippolyte ne s'exprimerait pas aulrenienl pour commenter le dogme défini de nos jours.

Dans sa controverse mémorable avec Pélago sur la Nature et la grâce , en 415, saint Augustin donne à cette doctrine du christianisme primitif la consc'îcration de son génie.

Pelage nie le péché originel : il nie la déclu'antîo do la nature humaine; il nie la nécessité de la grÂco pour vaincre le péché et arriver à Dieu ; il prétend (juo nombre de justes, depuis Abel jusqu'à Marie, ont éto sans péché, soutenant d'ailleurs qu' a il est néccHnairc et conforme à la piété d'avouer que la Mère de Noire Seigneur et Sauveur a toujours été sans péché*, n

Il s'agit, on le comprend, du péché sous IouIch hm*^

« Biblioth, Patrum GallandL, t. II, p. 496.

^ Apud S. Aug., De natura et gratia, c. 36, n'* 42, 1. X , roi, 144 , éd. Bené.

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formes et principalement de celui qui fait Tobjet de la dispute.

Pelage se fonde sur l'imn^unité de la Vierge pour l'étendre à tous les hommes, et combattre derrière ce privilège particulier le péché général.

Que répond saint Augustin ?

Il faut défendre à la fois le péché originel et l'immunité de ,1a Vierge. Dieu va conduire les choses de façon que Tune et l'autre vérité sortiront éclairées, précisées, confirmées, des péripéties de la querelle.

« A l'exception de la Vierge Marie, écrit saint Augustin, au sujet de laquelle, pour l'honneur du Seigneur, je n'admets point qu'il puisse être question de péché, car il lui a été donné d'autant plus de grâce pour vaincre le péché de toute part, qu'elle a mérité de concevoir et d'enfanter celui qui certainement ne contracta jamais de péché; ainsi donc, excepté la Vierge, si nous pouvions réunir tous les saints et toutes les saintes qui ont vécu dans ce monde et leur demander s'ils ont été sans péché, que pensez-vous qu'ils répondraient? Tous s'écrieraient d'une seule voix : « Si nous disons que nous <( sommes sans péché, nous nous trompons nousa mêmes et la vérité n'est pas en nous'. »

Les déductions, les expressions catégoriques se suivent et se renforcent l'une l'autre.

Marie est sans péché; elle a vaincu < le péché de toute part » ; il ne peut c être question de péché » pour Marie. A ce sujet nulle contestation n'est possible. L'honneur de Dieu est en jeu. La créature qui « a mérité de concevoir et d'enfanter celui qui ne

* S. Aug., De natura et gratia, c. 56, n<> 42, t. X, coJ. 144.

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