‹ L'Immaculée ConceptionChapitre 51 sur 127 · ET L\VCCORD DES DEUX ÉGLISES · texte numérisé non relu

ET L\VCCORD DES DEUX ÉGLISES

pression de sa foi les marques distinctes de son tempérament ; mais Tune et l'autre l'affirment avec la même certitude. Le langage éclatant et figuré de rOrient ne dit pas plus, ne dit pas autre chose que la langue simple et sobre de l'Occident; il révèle seulement d'une façon plus sûre l'adhésion populaire, puisque la doctrine pouvait se formuler, parfois se voiler sous des images symboliques, et ne rien perdre de son rayonnement.

Les deux Eglises s'avancent simultanément et ne songent pas qu'elles font une œuvre similaire.

C'est à peine vers le milieu du xviii* siècle que les docteurs latins s'occupent de la précieuse concordance qui les relie à leurs frères les docteurs grecs, donnant à leur confession une double autorité.

Jusqu'à ce jour les deux traditions ont vécu et se sont développées en se côtoyant. Parties d'une source identique, elles ont accompli leur trajet séparément, et elles se retrouvent, après seize cents ans, au même point d'arrivée, qui n'est autre que leur point de départ.

On ne saurait demander une preuve plus convaincante d'une vérité qui, fidèle à son origine, grandit également dans les deux mondes, sans plus dévier que se confondre.

Les témoignages liturgiques renforcent, comme nous le verrons, la double tradition qui acquiert un dernier prestige en montrant à son début des hommes comme Origène et saint Jean Ghrysostome, saint A^ugustin et saint Ambroise.

Les deux Eglises ne diffèrent que dans leur mode d'évolution, dans leur travail de gestation.

Tandis que l'Eglise latine , arrivée au milieu de sa voie, se livre, faute de renseignements suffisants, à des combats 0{$iniâtres qui ne font qu^aplanir les obstacles et découvrir les raisons du dogme, TEglise grecque s'épanouit en liberté et s'abandonne, paisiblement, à toutes les effusions de son âme.

Dans rÉglise grecque la controverse est inconnue, l'objection n'existe pas; grands et petits, savants et ignorants, saints et pécheurs, tous vont à Marie d'un même élan et célèbrent d'un même cœur sa prérogative. Nul ne songe à la récuser; nul ne touche à sa sainteté originelle.

L'Orient enseigne et pratique, avec un enthousiasme que rOccident n'égale pas, le culte de la Vierge immaculée.

Dans le monde grec , où l'esprit de chicane est devenu en quelque sorte légendaire; dans cette Eglise où l'hérésie a successivement éprouvé, trempé chaque parcelle du dogme au feu de discussions interminables, la seule vérité qui échappe à l'audace et à la polémique des sectaires est précisément la doctrine relative au privilège de la Mère de Dieu.

Fondée sur la tradition continue et sur l'adhésion universelle, cette vérité reste immuable, indiscutée en Orient, au milieu des querelles et des fluctuations qui ébranlent les autres.

Plus près que nous du berceau de la foi, les peuples, héritiers immédiats des leçons primitives, en ont conservé plus que nous, sous un rapport, le vif et profond souvenir; et ce souvenir s'est arrêté sur la beauté exceptionnelle d'une figure que l'œil des croyants a toujours contemplée.

Nous avons vu que les disputes élevées en Ceci-

Page 1