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dent, facilement explicables par le manque d'informations, n'ont eu d'autre résultat que d'éclairer le débat et d'asseoir le jugement.
Au résumé, la foi spontanée des Grecs, la foi laborieuse des Latins offrent deux genres de démonstrations différentes qui se fortifient l'une l'autre.
Ces deux croyances, la première éclose naturellement, la seconde péniblement acquise , apprennent, par leur marche variée touchant au même but, qu'elles ont une racine commune remontant aux apôtres, qui étend jusqu'à nous ses rameaux au moyen d'un jet lisse chez les uns, noueux chez les autres, mais partout exempt de brisure.
On peut donc conclure que la tradition de la doctrine de l'Immaculée Conception est perpétuelle, irrésistible, malgré sa diversité, dans les deux Eglises, et qu'elle appelait nécessairement la décision du saintsiège pour la clore.
Relevons par quelques mots la chaîne de témoignages seize fois séculaire que nous venons de dérouler, et tâchons d'en tirer la moralité qu'elle renferme.
Nous ne connaissons rien d'aussi imposant que ce défilé de personnages, sublimes ou vénérables par leur génie, leur savoir, leur sainteté, venant l'un après Vautre attester en des formes multiples une croyance
semblable, et célébrer avec des expressions originales, même dans leurs points de similitude, les perfections de la Vierge Marie.
Instruits par le travail, la méditation, la prière, aidés de l'Esprit- Saint, les Pères et les docteurs des siècles catholiques sont parvenus peu à peu à la connaissance parfaite, à la perception claire du mystère formulé aujourd'hui, de telle sorte que les docteurs contemporains, mis en face du mémorial inattaquable des ancêtres, ne pouvaient hésiter à lui donner la consécration que tant d'autres avaient pressentie, ébauchée, souhaitée, réclamée avant eux.
Nous nous sommes contenté de citations relativement brèves.
Il eût été facile de transcrire des morceaux plus longs, plus nombreux, et conséquemment plus démonstratifs.
Nous renvoyons aux œuvres des écrivains et des orateurs invoqués le lecteur désireux de s'instruire plus à fond sur le sujet.
A côté de la profession continue des grands esprits, champions de la vérité et directeurs des âmes, nous devons mettre en ligne le consentement unanime des peuples catholiques, que nous avons déjà mentionné.
Même au temps où le défaut d'études et de renseignements rendait la controverse difficile et son issue douteuse , l'assentiment général de l'Eglise touchant la sainteté incomparable de Marie donnait aux défenseurs de l'Immaculée Conception une force el une espérance invincibles. Aux yeux de chaque fidèle, Marie possédait et devait posséder une pureté
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supérieure à celle de toutes les autres créatures. Les chrétiens ne pouvaient admettre que la Mère de Dieu eût jamais été la proie de Satan, Tesclave du péché , ni que la génératrice de Tauteur de la lumière fût venue dans ce monde avec la marque du prince des ténèbres que Tauteur de la lumière allait effacer. L'exception unique qui présidait à sa maternité avait, pour les mêmes causes, présidé à sa naissance.
Le sens intime de TEglise produit, entretenu par TEsprit-Saint , souffle inspirateur de TEglise, ne pouvait se tromper, et devait avoir raison de l'opposition creuse de ceux qui voulaient l'étouffer.
Dès le premier jour, c'est-à-dire au début de la controverse, les partisans de Marie, soutenus de lopinion environnante, prévoyaient que le dernier mot leur pesterait.
La bienveillance du saint-siège constituait, d'autre part, un gage de succès.
Heurtant directement un dogme de foi, la croyance à l'Immaculée Conception aurait été sûrement prf^scrile par le saint-siège, si elle eût représenté une erreur doctrinale. Le silence de Tautorité religieuiM* devenait une approbation réelle et un vif stimulant. Il décourageait, par contre, les ennemis de la croyance qui ne pouvaient se faire illusion »%îr la signification et la portée de l'attitude pris<; par l'Eglise romaine.
Il importe d'ajouter que la doctrine de l'Immaculée Conception s'appuyait sur la révélation. Etablissant une dérogation flagrante à une vérité fondamentale « qui est l'universalité du péché originel, une pareille idée n'aurait pu surgir et s'implanter, si elle ne fûl
venue du ciel. L'intervention divine était nécessaire pour la faire connaître et accepter.
« Un tel fait, dit dom Guéranger, formant exception à un décret divin, dont la généralité même est un point révélé , ne peut avoir été connu que par la révélation*. »
On peut pousser plus loin l'argumentation et dire que la tradition universelle, concernant les mérites surhumains de la Vierge Marie, renfermait en elle la solution présente.
Transmise depuis les apôtres qui l'avaient reçue de Dieu et de son messager céleste, professée par toutes les Eglises, enseignée par tous les docteurs, la notion de la sainteté indéfinie de Marie, fortifiée du spectacle de sa vie et de sa mort , libre des condamnations prononcées contre les fils d'Adam, entraînait l'idée de sa pureté originelle. Les faveurs dont Dieu avait comblé son Epouse et sa Mère n'admettaient pas de restriction. Il n'y avait pas une réserve aux immunités surnaturelles dont elle était dotée. La Vierge- Mère, qui, pour rester à la hauteur de sa mission divine, n'avait pas connu le péché actuel, ne pouvait connaître le péché originel. La femme victorieuse de l'enfer ne pouvait recevoir le stigmate de l'enfer.
Les adversaires du dogme de l'Immaculée Conception, s'inclinant comme nous devant la perfection sans bornes de Marie, n'avaient plus aucun moyen de lui dénier la grâce primitive.
En accordant à Marie des prérogatives uniques, ils
' Mâmoire sur la question de VImmaculée Conception de la trh sainte Vierge, par dom Prosper Guéranger, abl)é de Solesnies, p. 428. Paris, 1850.
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assuraient et proclamaient du même coup sa prérogative spéciale. Ceux qui résistaient , par une erreur manifeste, à cette conclusion, devaient succomber, tôt ou tard , sous le débordement rationnel de Topinion contraire. Leurs préventions paraissaient gratuites, leurs négations caduques ; ils s'agitaient dans un dédale d'inconséquences et de contradictions. La sainteté qu'ils admiraient demeurait inconciliable avec la souillure qu'ils prétendaient découvrir. La loi commune qu'ils invoquaient contre la Vierge jurait avec les privilèges qu'ils constataient en elle. L'incompatibilité était visible; la logique était pour nous. Les opposants devaient donc se soumettre à la force des choses, c'est-à-dire à l'enchaînement des faits et des idées. La vérité ancienne contenait la vérité nouvelle; la croyance déclarée, la croyance à déclarer. La foi implicite aboutissait fatalement à la foi explicite , qui réunit aujourd'hui toute l'Eglise.
Ullisioire du culte précédant la Définition^ que no s allons joindre , avec la même méthode, à l'examen de la Tradition et de la Controverse y achèvera de donner à tous les groupes d'arguments et de faits leur valeur collective.