‹ L'immense effort, 1915-1916...: 1915-1916Chapitre 18 sur 26 · SAUVONS LES ENFANTS · texte numérisé non relu

SAUVONS LES ENFANTS

bien, ces quatre enfants minimum, imposons-les ! Comment? C'est bien simple.

Frappons à la poche. A ceux qui n'ont qu'un enfant, un impôt égal aux trois quarts de leur fortune. A ceux qui n'en ont que deux, un impôt égal à la moitié. Aux célibataires, un impôt radical : la bourse, ou la vie qu'ils donneront à d'autres. A ceux qui auront plus de quatre enfants, des dégrèvements, des avantages de toute sorte, les justes compensations d'une vie lourde.

Qu'à vingt-trois ans l'union légale ou naturelle, c'est-à-dire la fondation d'une famille soit obligatoire. Qu'on soit tenu de déclarer au fisc sa compagne, légitime ou non, et ses enfants, légitimes ou non. Que les lois, lès coutumes, l'opinion, tournent autour de ce pivot sauveur : la procréation, réducation ou l'adoption des enfants.

Chimère? dira-t-on. Arbitraire, injustice?

Ehl n'est-il pas plus monstrueux qu'un

peuple comme le nôtre, si grand dans Thistoire, si riche de sève et de pensée, si noble de traditions, si courageux, si fier, tarisse et s'étiole stupidement, comme si au lieu de sang il ne croupissait plus que de la boue dans ses veines? Se résigne qui voudra à Tabdication et à la mort de son pays. Il ne se peut pas que la société qui le mène actuellement, que la bourgeoisie se suicide et laisse mourir la France par la plus honteuse des désertioiis.

Un gouvernement fort, résolu, agirait sur Topinion publique et la ramènerait vers une conception plus haute et plus juste du devoir civique essentiel : donner des hommes à la cité, des bras à la terre, des cerveaux à Tidée. Un gouvernement sage sonnerait le tocsin ; il ne manque pas d'honnêtes gens, d'esprits convaincus qui n'attendent que ce signal pour faire la propagande la plus active et la plus dévouée.

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