‹ L'immigration canadienneChapitre 21 sur 77 · LES QUESTIONS QUE POSE L'INSPECTEUR · texte numérisé non relu

LES QUESTIONS QUE POSE L'INSPECTEUR

Le crayon indélébile aux doigts, l'inspecteur demande à l'immigrant son inom, son prénom, inscrit le sexe, questionne: "Etes-vous marié, veuf ou célibataire", s'informe si l'homme est déjà venu au Canada, quand, à quel endroit et combien de temps il y a demeuré; s'il répond dans l'affirmative, il lui demande s'il a l'intention de s'y établir, s'il 6ait lire, écrire, quel est son pays d'origine, sa race, sa destination, soin occupation antérieure, celle qu'il entend adopter, au Canada, quelle religion il pratique, quelle personne il va rejoindre; et, si l'immigrant hésite, il le transquestionne de toutes façons jusqu'à ce qu'il soit satisfait des répoinses ou, pris de doute, écarte l'homme pour le faire examiner de nouveau, plus tard, devant le bureau d'enquête spéciale. Toutes les répo'ns-^s sont inscrites sur la liste officielle des passagers. L'inspecteur a le droit d'interroger l'immigrant quant à l'argent qu'il a en sa possession, de se le faire montrer, de le eompter, sans prendre sa parole.

Celui-ci doit avoir, de mai à novembre, au moins vLngt-cinq piastres, et de novembre à mai, au moins cinquante piastres, outre son billet jusqu'à destination finale, ou la somme requise pour se le procurer. Un chef de famille accompagné des siens doit avoir une somme de $25 pou'^ chaque membre de sa famille âgé de dix-huit ans ou plus, et une somme de $12.50 pour chacun de ses enfants âgé de cinq à dix-huit ans. Il lui faut aussi les billets de tout ce monde jusqu'au point final d'arrivée. La somme requise est du double, de novembre à mai. Mais cette règle quant à la possession d'une telle somme d'argent, pour tout immigrant majeur, ne s'applique pas à l'homme qui a déjà de l'emploi assuré comme valet de ferme et a son billet jusqu'à destination, non plus qu'à la servante dans les mêmes circonstances, à la femme qui va rejoindre son mari, à l'enfant qui va retrouver ses parents, au frère ou à la soeur qui va demeurer chez son frère, à l'enfant mineur attendu par sa soeur mariée ou qui gagne sa vie, au père et à la mère qui vont retrouver leur fils ou'leur fille. Il faut toutefois, dans chacun de ces cas, que le membre de la famille déjà établi au Canada soit capable de le faire vivre et désireux de le recevoir, et que l'immigrant ait son billet jusqu'à l'arrivée. Dans ce cas, s'il in'a pas un sou, Fagent de l'immigration lui donnera un bon pour des vivres, et l'immigrant se les procurera à une échoppe établie près des bureaux de l'immigrant. La compagnie de navigation responsable du transport de l'immigrant au pays devra payer ces aliments, quitte à réclamer de celui vers lequel se dirige le nouvel arrivé.

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