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LES BILLETS DE CHEMINS DE FER

L'immigrant une fois libre de tout examen sort de l'enceinte où il était parqué avec quelques centaines d'autres voyageurs, tend lau garde debout à la sortie sa carte d'identité qui porte les deux timbres des examens médical et civil, et il se trouve dans un autre grand hall ouvert sur les portes nombreuses qui doinnent vers les quais où s'alignent les paquebots. C'est la salle des billets de chemins de fer et des agences d'immigration provinciales.

Le Pacifique Canadien, le Grand Tronc, VIntercolonial ont là des agents chargés de vendre des billets à ceux qui n'en ont pas * encore. Règle générale, les agents, de l'autre côté de l'océan, vendent à l'immigrant les coupons multicolores grâce auxquels il ira jusque sur les côtes du Pacifique. C'est ainsi que le Galicien parti des environs de Tarnopol, au-delà des Carpathes, peut se rendre jusqu'au fond de l'Alberta avec le billet que l'agent du Pacifique, à Vienne, lui aura vendu, avant de le diriger vers Trieste. Mais tous les immigrants n'ont pas, lors de leur départ, Fargent voulu pour aller jusqu'à destination finale. Et leurs parents ou leurs amis de ce eôté-ci de l'Atlantique, en leur écrivant, leur disent de se rendre à Québec d'abord, où ils trouveront un peu d'argent qui les attendra et leur permettra de faire la dernière étape du voyage interminable. C'est ceux-là qui ont le plus affaire aux compagnies de chemins de fer, de ce eôté-ci. A leur arrivée, si leurs amis ou leurs parents déjà rendus au Canada ont tenu leur parole, le commissaire d'immigration leur remet une lettre chargée, et ceci leur permet de s'acheter leurs billets. Certains aussi partent d'outre-mer sans savoir au juste vers quelle province ou quelle ville ils se dirigeront. Ils y pensent pendant la traversée, et, à l'arrivée, prennent enfin une décision.

Aux abord'S des différents bureaux de chemins de fer, des solliciteurs entourent les immigrants, et ceux-ci vont remplir les dernières formalités avant le départ des convois. Le Pacifique Canadien, grâce à 5on organisation, complète, qui lui permet d'amener les gens de Trieste à Victoria, Colombie Anglaise, sur ses paquebots et ses convois, sans avoir jamais à les confier à des lignes étrangères, transporte le plus de ces voyageurs; puis vient le Grand Tronc, qui en distribue un grand nombre, dans l'Ontario surtout,*-et enfin, VInter colonial, seul chemin de fer par lequel les immigrants à destination des Provinces Maritimes peuvent se rendre au terme de leur voyage. Notons que la plupart des étrangers dirigés vers le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse ont coutume de prendre passage à bord de paquebots qui font escale à Halifax et à Saint-Jean, ce qui raccourcit de plusieurs centaines de milles le trajet à parcourir.

Nul immigrant n'a droit à un transport gratuit sur les chemins do fer canadiens. Il a un tarif spécial pour les passagers d'outre-mer, "overseas rate". Mais il faut que le billet soit acheté dès le débarquement.

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