‹ L'immigration canadienneChapitre 31 sur 77 · L'INSTITUT HIRSCH · texte numérisé non relu

L'INSTITUT HIRSCH

En 1891, le baron Maurice de Hirsch, fiinancier Israélite, né en Bavière, qui vécut en France plusieurs années, et mourut en Hongrie, créait, avec ses millions, une oeuvre de colonisation agricole dans la République Argentine, pour les Juifs expulsés de Russie. Depuis, Vinstiiut Hirsch, doté de plusieurs millions par différents Israélites intéressés à l'oeuvre de leur compatriote, agrandit le cercle de ses opérations. Il a, à Montréal même, une succursale qui accomplit un travail considérable parmi les immigrants d'origine juive que les paquebots nous amènent par milliers, depuis dix ou douze ans surtout. Les statistiques officielles disent qu'il nous en est venu 61,384, depuis 1900; elles me sont pas complètes, car une masse d'immigrants juifs se réclament de la nationalité russe, allemande, roumaine ou polonaise, au débarquement, et dans le recensement. Depuis le printemps dernier, l'Institut Hirsch \ un représentant accrédité auprès des autorités de l'immigration, à Québec. Et comme certains paquebots amènent parfois, d'une seule cargaison, deux, trois, et même quatre cents immigrants d'origine hébraïque.

la plupart originaires de Russie, ce représ&ntant a fort à faire. La masse de cette immigration se dirige sur Montréal, où il y a déjà de quinze à dix-huit mille électeurs juifs, et une population juive d*au moins quarante-cinq ou cinquante mille âmes. UInsiitut Hirsch a là un large champ de travail. Il s'occupe d'enseigner, en quelques mois, l'anglais \ tous ces nouveaux-venus, leur apprend un métier, leur trouve une situation; et, d'oeuvre de colonisation dans l'Argentine, il est devenu une gigantesque agence de placement et une sorte d'université populaire, pour ceux de sa race, dans tous les pays neufs de l'univers. Aussi fautil voir avec quel contentement la masse de l'immigration juive, à Québec, — masse dont les sept-dixièmes entrent au Canada grâce à des permis obtenus de l'assistant-surintendant de l'immigration à Londres, ou du ministre de l'Intérieur, au Canada, par l'entremise de l'Institut, — accueille le représentant du baron Hirsch, au débarquement en un pays que l'un des leurs appelait récemment "la Terre Promise".

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