L'EXAMEN MEDICAL DANS LES PORTS AMERICAINS
Le médecin de l'immigration américaine, prêté au ministère responsable de l'immigratioin, à Washington, par le ministère de la Sanlé Publique des Etats-Unis, n'obtient ce poste qu'après de sévères examens, où l'influence politique ne peut s'exercer. Il doit, à mesure qu'il monte en grade et qu'il a un meilleur traitement, subir de nouveaux examens. Ses appointements sont raisonnables, et il ne fait pas de la clientèle générale, avons-uous déjà dit. Il se spécialise donc dans le service de l'immigration. L'examen physique et mental de l'immigrant est plus sévère.
soiLs le régime américain, que sous le régime canadien. Nulle influence politique ne contrecarre ni n'annule la décision du médecin. Ce n'est que dans certains cas, inettement prévus par les règlements de l'immigration américaine, — et moyennant une caution versée par l'immigrant ou quelqu'un des siens, au montant de $500, — que le Secrétaire du Commerce et du Travail peut admettre l'immigrant écarté par le bureau médical. Pour le reste, la décision de celui-ci est autrement plus respectée par l'Etat que celle du bureau médical canadien.
Le médecin américain attaché au service de l'immigratioin s'efforce surtout, à l'heure actuelle, d'écarter les individus faibles d'esprit ou susceptibles d'être, à brève échéance, atteints d'aliénation mentale. Le trachome, la teigne, la syphilis et vingt autres maladies contagieuses sont vite découvertes chez l'immigrant dirigé vers les Etats-Unis, car le médecin américain a maintenant une sûreté de diagnostic obtenue grâce à sa longue expérience et à son étude approfondie de l'immigrant, a:i point de vue médical. Toutefois, le service médical de l'immigration américaine, en ce qui a trait aux maladies mentales, n'est pas encore satisfait de son travail. Et l'un des principaux médecins du ministère de la Santé Publique, le docteur E. K. Sprague, écrivait en juin 1913, dans la revue philanthropique The Survey, de New-York: "Il est juste de dire que, sur chaque millier d'immigrants qui arrivent aux Etats- Unis, il y en a quatre que la médecine légale classerait parmi les faibles d'esprit, les imbéciles et les idiots. Cette proportion est aussi juste, quant aux aliénés et à ceux qui le deviendront. En d'autres termes, nous admettons chaque année à peu près 3,000 faibles d'esprit, et un nombre égal de gens qui sont ou deviendront fous." Aussi est-ce, à l'heure présente, l'un des grands soucis du ministère de la Santé Publique, aux Etats-Unis, que d'empêcher ces gens d'entrer au pays; car leur admission eoûte finalement, si l'Etat est obligé de les interner dans des maisons de santé, la somme de $275 par tête, par année, pour une période moyenne de dix ans, d'après les chiffres même de l'étude que nous citions tout à l'heure. Sur ce point encore, le régime américain est supérieur au nôtre; car la science requise des inspecteurs médicaux de l'immigrant n'a pas, pour la cointrecarrer, des influences extérieures. Et elle exerce son ministère avec la plus grande latitude possible, cherchant toujours l'intérêt de la nation, et le perfectionnement de ses méthodes.