‹ L'immigration canadienneChapitre 69 sur 77 · UN SOUS-MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

UN SOUS-MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE

Il faudrait abolir aussi le régime des nominations politiques, en c? qui a trait à l'examen médical des immigrants. Nous avons expliqué ailleurs le fonctionoement actuel de ce service; il est fait par des médecins qui ne subissent aucun examen de compétence préalable, continuent de faire de la clientèle générale et reçoivent un mince traitement de $500 ou $600 par an, au port de Québec. La meilleure manière d'améliorer la situation, ce serait, semble-t-il, de créer, à Ottavs^a, un sous-ministère, — ou même un ministère, — de la Santé Publique, comme il en existe un aux Etats-Unis ; ce ministère ou sous-ministère, — selon le cas, — s'occuperait de l'hygiène publique, des lazarets et des quarantaines, dans tout le pays, et le service médical de rimmigration en relèverait, comme aux Etats-Unis. Le médecin de l'immigration devrait au préalable subir des examens de compétence, donnerait tout son temps à l'Etat, recevrait un salaire raisonnable, subirait de nouveaux examens, à mesure qu'il monterait en grade, et serait tout à fait indépendant de la politique et des politiciens. De la sorte, il pourrait se spécialiser dans ce genre d'études, comme les chirurgiens et médecins de la santé publique, aux Etats-Utfiis, et suivre de très près, au bénéfice des sciences médicale et démographique, la question de l'immigration et celles qui en sont les corollaires. La décision des médecins du service de la santé publique serait finale, en ce qui a trait à l'admissibilité de l'immigrant, au point de vue mental; et il n'y aurait plus de ces abus comme il s'en commet tant, chaque année, à cause de rintervention d^ la politique. Au surplus, les médecins employés à l'examen des immigrants, pendant la saison d'immigration, aux ports comme celui de Québec, — où la navigation transatlantique est interrompue pendant cinq mois, — pourraieffit être, l'hiver, envoyés en mission dans les centres d'immigrants, dans l'Ouest, afin de constater les conditions hygiéniques dans lesquelles ils vivent, et d'y observer aussi certaines maladies, particulières à des centres d'immigrants, qui pourraient s'y développer. Car il n'y a pas de doute que, en dépit de certaines précautions prises lors de l'arrivée de l'immigrant, celui-ci, assez souvent, apports avec lui le germe de maladies spéciales à sa race ou à la région qu'il habitait en Europe; et, de la sorte, le groupement de colonies d'immigrés, sur certains points de notre territoire, peut créer parfois des centres de contamination dangereux pour la santé publique. Le ministère fédéral a déjà eu l'idée d'établir ce ministère de la santé publique, a-t-on dit, l'an dernier, et il devait même saisir la Chambre des Communes d'un bill à ce propos. Rien n'a encore été fait. Il faut souhaiter qu'il donne bientôt suite à ce projet et y rattache l'inspection médicale de l'immigrant par des spécialistes.

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