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L'EXAMEN A L'ETRANGER

Il y aurait lieu de modifier au^si, et de manière considérable, les méthodes actuelles d'examen de l'immigrant, au point de vue civil comme au point de vue médical. Au point de vue civil, il faudrait, par exemple, exiger de tout immigrant qui arrive au Canada un certificat de bonne conduite, délivré par les autorités du pays d'où il vient, et son casier judiciaire, ou son passeport, s'il vient d'un pays où l'un ou l'autre existe. Il conviendrait peut-être d'être moins sévère quant au montant de la somme d'argent que l'immigrant apporte ici, et de l'être davantage, en ce qui a trait à son véritable état civil. Des sociologues et des gens intéressés au problème de l'immigration proposent que le Canada fasse à ce sujet des démarches auprès deis pays d'où les immigrants lui viennent en grand nombre, afin qu'ils délivrent de tels certificats de bonne conduite à ceux qui les lui demanderont et en seraieffit jugés dignes. Mais l'on rencontre ici une assez grave objection: les autorités d'outremar ne donneraient-elles pas à de certaines gens, pour s'en débarrasser, un certificat de bonne eonduite qui ne vaudrait rien? Ou des fugitifs de la justice ne trouveraient-ils pas le moyen d'en imaginer de faux, de nature à tromper les autorités canadiennes? Il est difficile de déterminer au juste de quelle nature devraient être ces certificats de bonne conduite; mais il n'y a pas de doute que, le sujet mis à l'étude, l'on ne réussisse à découvrir un moyen efficace d'écarter, dès l'embarquement, au port de mer européen, où dès le débarquement ici, une foule de gens indésirables à cause de leur état civil douteux.

Au point de vue médical, l'examen de l'immigrant outremer existe dans certains cas, et dans certains pays. C'est ainsi que tout immigrant qui traverse l'Allemagne, à destination d'un port de mer américain ou canadiein, où il se rendra par un paquebot sortant d'un port allemand, subit un triple examen médical avant son départ : un dès qu'il traverse la frontière, un autre, près de Berlin, un troisième, au port d'embarqiiement même. Mais, dans la plupart des cas, l'immigrant européen ne subit jusqu'ici, s'il est à destination du Canada, qu'un examen superficiel, fait; au point d'embarquemeint, par les médecins de la compagnie qui le transporte ici. L'Australie, dit le British Médical Journal du 11 octobre 1913, vient d'adopter une loi d'après laquelle tout immigrant à destination d'Australie doit se procurer un certificat d'examen médical, avant son embarquement. L'Australie a établi, à cette fin, à Londres, un bureau médical chargé de faire cet examen. Il est du devoir de tout agent de compagnie de navigatioin qui transporte des immigrants en Australie d'avertir toute personne qui achète un billet simple pour ce continent de se procurer un tel certificat d'examen médical, et de la diriger vers l'inspecteur autorisé à agir par le gouvernement du Commonwealth. Ce système ne fait que d'être inauguré, de sorte qu'il est impossible de se prononcer sur la valeur qu'il peut avoir. Et il ne s'applique, pour l'heure, qu'aux immigrants britanniques.

Il est impraticable, dit-on, de faire faire l'examen médical de l'immigrant par des médecins autorisés à cette fin, dans la région même d'où il est originaire. Il faudrait pour cela une entente avec plusieurs pays, et aussi un personnel nombreux et coûteux, disent plusieurs mé-

decims américains intéressés à cet aspect de la question de l'immigration. Se servir de médecins de la région, ajoutent-ils, c'est s'exposer à ce que ceux-ci donnent des certificats plus ou moins exacts, pour des motifs personnels. Il arrive souvent, à l'heure actuelle, que des immigrants apportent des certificats de santé obtenus des médeciin,s de leur pays; et, la plupart du tempS; disent les autorités américaines, ces certificats sont mal faits, et rédigés de manière à induire l'examinateur américain ou canadien en erreur.

Le système préconisé actuellement, aux Etats-Unis, par ceux qui s'intéressent à cette question, ce serait l'examen préalable des immigrants aux principaux ports de mer européens où ils s'embarquent pour les Etats-Unis, examen fait, non à la diable, mais après deux jours de mise en observation de l'immigrant, à ce port, dans un local affecté à cette fin, puis nouvel examen à bord du paquebot par un médecin de l'Etat, choisi dans le service de la santé publique, et payé par l'Etat, et enfin, troisième examen au port d'arrivée, en Amérique. A l'avant-dernière sessioin des Chambres américaines, elles adoptèrent un bill relatif à cette inspection à bord, par des médecins de l'Etat. Mais, à cause de certaines clauses relatives au degré d'instruction de l'immigrant, l'ancien président, M. Taft, mit son veto à ce bill. Il est probable que ce projet de loi, amendé de manière à le rendre acceptable au président, reviendra devant le congrès, d'ici à peu de mois. S'il devient loi, l'examen médical des immigrants à bord, par un médecin de l'Etat, aura lieu. Dans ce cas, il f aurait que l'on organisât ici un régime analogue; sans quoi les immigrants indésirables, mis au courant de la situation, se dirigeront vers le Canada, s'ils aie croient pas pouvoir réussir à subir 1? triple examen américain. Puisque les Etats-Unis ont décidé pratiquement d'établir ce système, ne serait-il pas possible que le Canada conclût avec eux une entente amicale d'après laquelle le médecin américain représentant son gouvernement dans un port d'embarquement européen examinerait aussi là-bas les immigrants à destination du Canada? Le Canada pourrait payer une partie des appointements de ce médecin, et bénéficierait de ce service international. La question d'établir ce triple examen, pour les immigrants à destination du Canada, vaut d'être étudiée, disent des autorités.

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