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L'ABOLITION DU SYSTEME DE PRIME

Ce système d'immigration à prime a pu avoir, pendant un certain temp,s, son utilité plus ou moin,s grande. Il n'en a plus aucune. Le Canada, aujourd'hui, est assez bien connu, dans tous les pays d'où l'on émigré, pour n'avoir plus besoin de recruter ses immigrants à prix d'argent. Il offre assez d'avantages aux agriculteurs, aux domestiques et aux servantes pour qu'ils y viecinent «ans que le pays soit pour cela obligé de verser chaque année quelques centaines de milliers de piastres aux agents maritimes d'outremer. Le meilleur agent de recrutement, c'est l'immigré content de son sort et qui le fait savoir à ses parents et à ses amis de là-bas. A l'heure actuelle, cet immigré, grâce aux relations de famille qu'il a gardées de l'autre côté de l'Atlantique, induit plusieurs milliers des siens à venir le rejoindre ici. M. Asselin cite, dans son rapport, le cas de "trois Bretons établis an Manitoba, en 1904, et çiii ont été depuis, à leurs frais, chercher parmi leurs parents, amis et connaissances de Bretagne quelque chose comme cinq cents colons." C'est à de tels immigrés beaucoup plus qu'aux agents maritimes que Canada doit d'être le pays recherché par des geins de tous les coins de l'Europe. Et, presque toujours, ces agents reçoivent cette prime de $5 pour avoir seulement vendu un billet de passage à un immigrant déjà décidé de venir au Canada et que, partant, 'ils n'ont eu nulle peine à convaincre des avantages que lui offre ce pays.

Lors de la refonte de la loi de l'immigration, en 1911, plusieurs députés ont demandé l'abolition du système des primes. Le ministère o dit alors qu'il avait encore son utilité. Il l'a maintenu, La vérité, c'est que les compagnies de navigation, de chemins de fer et celles qui' spéculent sur la vente des terres, dans l'Ouest canadien, peuvent être intéressées au maintien de ce régime, mais que le Canada y gaspille maintenant son argent, et que, plus tôt on l'abolira, mieux ce sera, dans l'intérêt de tout le monde, sauf des actionnaires de ces compagnies.

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