‹ L'immigration canadienne (les enquetes du devoir)Chapitre 30 sur 79 · LA SALVATION ARMY · texte numérisé non relu

LA SALVATION ARMY

L'Armée du Salut, ainsi qu'on l'appelle dans les pays de langue française, est une puissante association. Elle s'occupe exclusivement des immigrants de langue anglaise. Depuis une dizaine d'années, elle en a recruté des milliers, en Grande-Bretagne Elle n'est pas toujours difficile quant à la qualité de l'immigration qu'elle amène ici. Et les reproches qu'on lui a maintes fois faits à ce sujet sont fondés. Plus soucieuse des intérêts de ses pupilles que de ceux du pays où elle les dirige, elle a conduit ici des centaines et des milliers de gens incapables de faire le moindre effort pour améliorer leur sort; et, partant, elle a compliqué en une certaine mesure le problème de l'immigration canadienne, déjà pourtant fort complexe. N'empêche que, au point de vue de l'individu, comme au sien propre, l'Armée du Salut est merveilleusement organisée. Elle recueillera, dans les faubourgs de Londres, de Liverpool, de Bristol, cent, deux cents familles dénuées, leur procurera des billets pour le Canada, ainsi qu'un permis d'entrée contresigné par l'assistant-surintendant de l'Immigration canadienne à Londres, M. Obed Smith, les embarquera en Grande-Bretagne, les accueillera à Québec, leur trouvera de l'emploi dans les grandes villes et dans les campagnes, les assistera tout le long du trajet, et, une fois établies dans l'Ontario ou dans les provinces de l'Ouest, se tiendra en relations constantes avec elles. A Québec, l'Armée du Salut les abritera pendant quelques heures ou même quelques jours dans son hôtel particulier, rue du Palais, et les traitera avec égards. Des milliers d'immigrants reçoivent son assistance, dès leur arrivée dans ce port, où des fonctionnaires de cette association, coiffés d'une casquette bleue ceinte d'un ruban rouge portant en lettres d'or ces mots: Salvation Army, représentent tout un personnel mis à leur disposition. Certains prétendent que l'Armée du Salut, grâce à la vente de billets, à ses bureaux de placement, et à d'autres services analogues, y trouve un bénéfice pécuniaire considérable. Il n'entre pas dans le cadre de cette enquête de rechercher la véracité de cette allégation, pour l'heure.

Page 1