DRUIDISME
J« Pourquoi y a-t-il du mal dans Thomme ?
Le Druidisme répond :
Le mal est sorti de la liberté humaine, c'est-à-dire de Vabus par chaque homme de sa liberté dans ses existences antérieures et dans cette vie.
2<> Qui détruira le mal en Phomme ?
Le Druidisme répond :
Les mérites de chaque homme qui fut marqué, dès sa création, du sceau de la divinité .; qui, créé par Dieu de la matière primitive, reçut de Dieu TAwen {l* influx, génie primitif, propre à chaque être, idéal dans la pensée de Dieu de ce que l'homme doit être et qu'il a V éternité pour devenir). D'où chaque homme est un médiateur, c'est-à-dire
un intermédiaire entre Dieu, d'où il procède, et les autres créatures qui lui sont similaires,
n n'y a pas, entre ces deux réponses, d'abîme que la raison ne puisse franchir. La raison explique au contraire, par des circonstances tout historiques, cette foi en un seul Sauveur, en un seul Médiateur, qui fut le dogme chrétien du moyen âge. Mais aujourd'hui que les sciences de la nature ont détruit les miracles, comme indignes de l'idée de Dieu, nous ne voyons pas ce que la religion peut gagner à rester absurde, comme dit saint Augustin, et la philosophie à rendre toute conciliation impossible entre l'ancienne foi et la science nouvelle, lorsqu'il est si simple et si raisonnable de croire possible à toute créature tout ce dont la légende croyait le Christ seul capable, lln'y a de réservée que la différence absolue de personnalité et de liberté propre qui rendrait capable autrement, mais non moins égal en mérite. Nous dirons donc pleinement avec Théodore de Mopsueste, le maître de Pelage : « Que Christ soit devenu Dieu, je ne lui envie rien en cela. Ce qu'il est devenu, je puis le devenir par la force de ma nature. »
Nous prenons pour axiome ce que disait un de nos pères, Scot Erigène (l'Irlandais) :
La vraie philosophie est la vraie rehgion, et réciproquement, la vraie religion est la vraie philosophie.
Notre foi, c'est une concordance de plus en plus parfaite ç^vçc la vérité éternelle des choses,
En présentant Tidée d'une conciliation entre ces systèmes, je ne prétends point guérir l'ignorance ni les passions intéressées de quelques adeptes, qui voudraient encore exclure et exterminer tout ce qui ne rentre pas dans la lettre de leurs dogmes. Je sais aussi ce qu'on pourra m'objecter de l'expérience des choses humaines dans rhistoire antérieure : que ce n'est point l'accord des idées, mais leur lutte qui a fait jusqu'ici la propaganjle des vérités nouvelles.
A cela je réponds qu'il n'y a point ici d'idées nouvelles, mais le sentiment personnel, que je crois très-partage de mes contemporains, d'une religion universelle qui comprenne, accorde et respecte toutes les religions, toutes les philosophies particulières. Quant aux guerres de religions, gi'àce à Dieu elles lie peuvent plus renaître, leurs impiétés les ont tuées pour toujours. Il n'y a de prosélytisme a espérer que celui de la raison.
C'est au nom de ce bon sens supérieur à toutes les vaines disputes qui ne convainquent personne, que je répéter/ii les paroles que Leibnitz disait de sa doctrine. Elles expriment le grand caractère de la philosophie moderne qui ruine d'autant plus sûrement les religions intolérantes qu'elle les absorbe dans une doctrine plus complète.
« J'ai été frappé d'un nouveau système... ^Depuis je (( crois voir une nouvelle face de l'intérieur des choses. « Ce système paraît allier Platon avec Démocrite, Aristote c< avec Descartes, les scolastiques avec les modernes, la (( théologie et la morale avec la raison. Il semble qu'il (c prend le meilleur de tous côtés, et qu'après il va plus « loin qu'on n'est allé encore... La vérité est plus répan- « due qu'on ne pense ; mais elle est très-souvent fardée, a et très-souvent aussi enveloppée et même afiFaiblie, mu- « tilée et corrompue... En faisant remarquer ces traces de
« la vérité dans les anciens, ou pour parler plus généra- « lement, dans les antérieurs, on tirerait l'or de la boue, (( le diamant de la mine, et la lumière des ténèbres, et ce « serait en effet perennia quœdam philosophia, »