Esprit d'istar, qui éclaire les nuits, souviens-t'en
rendre les mêmes idées dans les deux langues dont la double exif tence est dénotée par cela même, il a pleinement raison. Malgré la divergence sur le nom, je tiens à rendre hautement justice an mérite qui revient à mon gavant ami poar le développement grammatical de l'idiome touranien. La somme des faits acquis à la science, et dont il a une part très-notable, ne sera pas amoindrie par lessophismes fragiles et les allégations inexactes de quelques travailleurs de seconde main, insuffisamment préparés à leurs attaques gratuites. La ' meilleure manière d*y répondre, c'est de continaer ses recherches.
ï De cette phrase, eux tous, M. G. Smith fait le royaume céleste Amis !
(D) Remarquons encore ce nombre sacré de sept que l'on trouve sacré partout. Voir les preuves dans Annales, t. xx, 5S et 362 (5* série) (Boonettv).
s M. Lenormant a déjà traduit avant moi ce texte. Voici sa traduction. (la Magie, p. 17. Correspondant p. 42.).
• Le soir de mauvais augure, la région du Ciel qui produit le malheur. —
• Le jour funeste, la région dtt Ciel mauvaise à l'observation. — Le jour
» funeste, la région du Ciel mauvaise qui s'avance. — — Messagers de
9 la peste. — Ravageurs de Nin-Ki-gal. — La foudre qui fait rage dans le » pays. — Les sept dieux du vaste Gel. — Les sept dieux de la vaste terre.
* — Les sept dieux des sphères ignées. —Les septdieut des légioos célestes
GHBZ LES CHALDÉBMS. 27
Les sept maîtres infernaui^ qui figurent dans cet exorcisme magique^ sont les plus grands désastres qui puissent frapper rhomme. *
Le texte énumère la mort, le malheur^ et les veillées qui, selon Tusage oriental, finissent ou commencetit la journée fatale; puis les représentants de la vendetta, la peste, le tremblement de terre et la foudre.
Le désastre, cité en 6« lieu, est précisément mis en rapport avec la Déesse deTEnfer; la colère d' Allât produit les secousses terrestres.
L'esprit des Dieux supérieurs est invoqué pour conjurer Teffet de tous ces maux; parmi ces divinités paraît aussi Istar, nommée celle qui éclaire les nuits. C'est la Venus Vrania d'Hérodote, représentée par la planète qui porte son nom. Dans le chant magique, dont nous venons de donner la traduction, il perce également l'antagonisme des Déeçsel, que nous dépeint le récit de la descente d'htar aux Enfers.
Jules Oppbrt.
» Les sept dieux malfaisants. — Les sept fantômes mauvais. — - Les sept
• fantômes de flamme malfaisants. — Les sept dieux du ciel. — Les sept
• dieux de la terre. — Le démon mauTais, le alal mauvais, le gigim mauvais, » le telal mauvais, le dieu mauvais, le mctskim mauvais.
> Esprit du ciel, souviens-t'en I Esprit de la terre, sonviens-t'en ! » Esprit de Moul ge, roi des contrées, souviens t'en !
y> Esprit de Nin-gelalf dame des contrées, souviens-t'en ! » Esprit de Nin-dar, fils du zénith, souviens-t'en 1
> Esprit de Thiskou^ dame des contrées, qui brille dans la nuit, souviens i » l'en!
Cette traduction de M. Lenormant, faite en s*appuyant surtout sur le texte «accadien, » est, en effet, antérieure à ma traduction française faite sur l'assyrien. Mais bien des mots et bien des phrases en avaient été établis par moi, par d'autres documents. Mon savant ami partagera mon avis sur Tutilité de la préexistence d'une version quelconque pour l'intelligence de l'accadien . Pourtant, cette imperfection, inséparable de toute science naissante, ne préjuge rien sur les progrès certains que fera Tétude du sumérien, et à laquelle profiteront assurément les travaux de H. Lenormant. Vouloir rejeter tous les résultats, à cause d*un nombre plus ou moins considérable d'analogies erronées, et qui, après tout, n*inté ressent pas le fond de la question, serait puéril, sinon de la mauvaise foi. On est en bonne voie ; en cela le sumérien est mieux partagé que ne l'était naguère le chypriote, par exemple. Et môme là, les tentatives malheureuses de M. Halévy nV)nt pas empoché des savants instruits et pénétrants d'y reconnaître nn dialecte grec.
28 DE l'immortalité DE L'aME.
Nous recevons de M. Lenormaiit la lettre suivante que U0U5 nous empressons de publier :
Paris^ 16 décembre 1874.
Mon cher ami^ Dans votre dernier travail insi^ré aux Annales de philosophie chrétienne "vous hésitez sur la signiflcation à donner à quelques phrases de mon volume sur La Magie chez les Chaldéens. Elles me paraissent pourtant, en les relisant^ fort claires et ne pouvant être entendues que comme faisant allusion aux divergences qui existent quelquefois entre le texte primitif accadien et lîi version assyrienne des documents billr.gues. Je m'étonne que l'on y ait cherché une autre signification. Mais puisqu*il y a pu y avoir doute dans quelques esprits, je ne venx pas le laisser subsister plus longtemps^ et je tiens à préciser ma pensée en disant ,qpe votre seconde interprétation des phrases en question est la seule exacte^ et que je désavoue toute autre. Mille amitiés.
F. Lenobmant. i
Versailles, imp. Beaugrand et Dax, rue du Potager, 9.