‹ L'immunité dans la syphilisChapitre 10 sur 42 · HA à · texte numérisé non relu

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et que cette rareté tienne surtout à la vie fermée et à la pureté des mœurs.

De même Rey pour Miquelon et Panum pour les îles Feroé croient à une immunilé plus ou moins prononcée des populations de ces pays.

À Madagascar on a longtemps cru aussi que la race noire franchement autochtone y serait réfractaire alors qu’il paraît n'en rien être. |

Mais il est certain que dans certains pays où la syphilis est fréquente, il peut arriver que beaucoup comptent dans leurs ascendants des syphilitiques dont ils auraient hérité une légère immunité.

Fergusson insiste sur l’affaiblissement croissant de la syphilis en Portugal vers 18/48.

Rose note un fait analogue en Angleterre. Il observe que les syphilis des simples soldats sont bénignes, évoluant spontanément vers la guérison et il ne les traite pas par le mercure tandis qu'au contraire les syphilis des officiers sont graves et il ne peut les laisser évoluer sans traitement mercuriel. Il explique ce fait par une immunisation du peuple souffrant de la syphilis depuis plus longtemps que l'aristocratie.

Il reste à savoir si d'autres raisons ne nous paraissent pas meilleures que celles-là. On s'explique difficilement en effet que la syphilis reste si longtemps plébéienne dans un pays sans atteindre l'aristocratie. |

Peut-être ces syphilis des officiers élaient-elles plus graves tout simplement parce que ceux-ci ayant plus de surmenage intellectuel, mondain, faisaient-ils plus que les simples soldats des complications graves artérielles ou nerveuses ?

Il est certain qu'il doit y avoir une part de vérité, qu'il est possible que des ascendants aient acquis par une première atteinte de la maladie une immunité plus ou moins grande dont ils n'auraient pas été seuls à bénéficier et qui se serait perpétué dans leur descendance.

Ce fait explique aussi que les affections soientsi graves el si Pinard ?

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diffusibles lorsqu'elles sévissent pour la première fois dans un: pays neuf. Ainsi la variole lorsqu'elle fut importée en Amérique, la rougeole aux îles Feroé, le choléra dans les premières épidémies d'Europe.

Des races passons aux individus. Existe-t-il des individus immunisés ? Certes on voit tous les jours des individus sortir indemnes de rencontres qui sont fatales à d’autres qui s’y sont exposés dans des conditions semblables. Mais il y a là une autre question en jeu, c'est celle de la résistance des épithéliums et elle a peut-être beaucoup à revendiquer de ce qu'on serait tenté d'attribuer à l’immunité.

Mais en dehors de ces faits cliniques plus ou moins discutables, il est certainement des immunisés, car par l’inoculation expérimentale on est certain qu'il ne s’agit plus de résistance des épithéliums.

« Il peut exister, dit Vidal de Cassis, une immunité naturelle chez certains sujets, lesquels peuvent naître indemnes ou. le devenir, ce qui arrive, on le sait, pour d’autres virus » et il cite le cas d’un homme d’une très forte constitution qui s’exposait par bravade, à tous les moyens de prendre la vérole : deux inoculations lui furent faites, au bras avec du pus puisé à un chancre en progrès et cela sans succès, rien ne parut.»

Rattier s’inocule des accidents secondaires avec résultat nul. Oüvry a un insuccès aussi en 1857 sur un jeune médecin, | devant Ricord et Fournier.

Cullerier, de même, Sarrhos s'inocule plus de 30 fois avec résultat négatif. M. Thiry a pratiqué une inoculation sur un sujet sain avec résultat négatif, Puche a trois insuccès.

Les expériences de l’Anonyme du Palatinat portèrent sur 14 malades n'ayant jamais eu la syphilis et observés pendant plus de trois ans. Les inoculations furent faites avec la lancette sur le bras ; on ne pratiqua jamais moins de trois ni plus de dix piqüres sur le même individu. Sur ces 14 inoculationsil y eut quatre insuccès.

Lee explique ces cas de non-infection par une infection chez

les ascendants, Kassovitz soutient que.des parents syphilitiques ont pu transmettre l’immunité à leurs enfants sans la maladie.

Au siècle dernier Falck, Harrisson, Assalini avaient attribué aux frictions mercurielles une action préventive contre la vérole. À l'heure actuelle on admet seulement non plus l'action préventive, mais simplement prophylactique des frictions mercurielles pratiquées localement au lieu du contage, ainsi que l’a démontré Metchnikoff avèc une pommade au calomel au 1/3.

Vicente de Averaca et Théophile Roussel avaient cru reconnaître le même pouvoir à l'hydrargyrisme professionnel,notamment pour les mineurs d’Almaden, mais il est bien reconnu aujourd’hui que ce pouvoir est illusoire et que le mercure ne rend pas réfractaire à La syphilis.

On a voulu plus récemment encore faire de l'atoxyl un préventif et un abortif de la syphilis. Il est encore permis d’en douter.

Existe-t-il aussi une immunité contre la syphilis due à certains états pathologiques et analogues aux antagonismes entre certaines affections, antagonismes d’ailleurs tout à fait relatifs comme entre la tuberculose et la malaria comme le voulait Boudin,entre l’impaludisme et la variole, la phtisie et les fièvres

- éruptives ? .

On peut trouver quelques faits épars dans la science, mais qui ne forment pas un faisceau assez important pour tirer des conclusions précises.

Jullien cite le fait suivant : « Un médecin de mes amis venait de contracter un chancre dûment reconnu syphilitique à Lyon par les cliniciens les plus éminents, quand il ressentit les premières atteintes d’une fièvre typhoïde qui fut grave, le chancre disparut sans laisser aucune suite ; ces faits datent de huit ans. »

On a cité des cas analogues de régression et disparition des syphilides pendant les maladies fébriles : ainsi, Devergie puis

© Jou rjon en 1870 et Garrigue en 1872 dans leurs thèses.

ces

Diday en 1872 a signalé un intervalle de 120 jours entre le chancre et les accidents secondaires chez un chancreux contractant la dothiénenterie, Gore a signalé des faits-analogues pour la variole et la vaccine.

Bassereau a vu survenir un phlegmon du cou chez un malade atteint de chancre et d’érythème syphilitique. Il ÿ eut une rétrocession et une disparition du chancre et de l’'érythème, et deux ans après aucun accident syphilitique nouveau ne s'était montré.

Etudions maintenant l’immunité conférée par une première atteinte de la maladie, c’est-à-dire la véritable immunité dans la syphilis, celle qu'a déterminé dans l’économie l'introduction d’un virus actif.

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