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140 L'IMMUNITÉ DES SYPHILITIQUES HÉRÉDITATRES
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Cette syphilis contractée de son mari avait débuté par un nodule induré de la petite lèvre droite accompagné d’«dème induré. Ù
En outre, alopécie notable, lésions graves des ongles, hypertrophie de tous les ganglions du corps.
Cette femme fut traitée. Plus tard, elle donna naissance à un enfant bien portant âgé actuellement de deux ans.
Cette observation montre donc qu'à l'âge de 19 ans la syphilis héréditaire se manifesta chez une malade qui avait été soignée insuffisamment dans les premières années de son existence. En dépit de ces antécédents, cette même malade a été atteinte de syphilis acquise à l’âge de 26 ans.
De tels cas sont rares. M. Boeck a signalé le fait d’un enfant atteint de syphilis héréditaire qu'il revit à l'âge de 18 ans avec une svphilis acquise.
Hutchinson en a rapporté deux cas mais qui ne sont pas du tout concluants. Lang a publié l'histoire d’un malade de 55 ans qui se présenta à lui avec un chancre induré typique et des ganglions inguinaux engorgés après avoir été atteint jusqu à l’âge de 18 à 20 ans d’une forme sévère de syphilis héréditaire.
Reste la question de savoir jusqu’à quel moment la syphilis héréditaire peut conférer l’immunité.
Mais nous ne sommes pas en mesure de résoudre un {el problème. Il est vraisemblable que la syphilis héréditaire confère une immunité contre une contamination nouvelle tant qu'elle est active et qu’au contraire elle permet une infection au fur et à mesure qu'elle s’affaiblit et s'éteint.
Slern (Dermal. Zeitschrift, avril 1907, p. 107) rapporte également un cas de réinfection syphilitique caractérisé par un chancre avec tréponèmes, el une roséole maculo-papuleuse chez un hérédo-syphilitique ayant eu des accidents nombreux.
Ces faits démontrent d'une façon évidente que les réinfections syphilitiques sont possibles chez les syphilitiques héréditaires ayant fait de véritables accidents syphilitiques. Les admettre
chez ceux-ci, c’est les admettre chez les syphilitiques acquis, la’
maladie élant la même, le mode de contagion et de début diffé-
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rant seuls. J'ai observé dans le service de M, le D' Queyrat un enfant hérédo-syphilitique qui fit une perforation de la voûte palatine à l'âge de dix ans et exactement à la même époque, sa mère, infectée au moment de la conception de cet enfant, et n'ayant d’ailleurs présenté aucun accident, fit également une ___* perforation de la voûte palatine. Peut-on imaginer parallélisme plus étroit entre l’évolution d'une syphilis héréditaire et d’une & syphilis acquise chez le fils el chez la mère frappant également, le même tissu au même endroit, exactement à la même époque, dix ans après le début de l'infection ?
Les cas de réinfection chez les hérédo-spéciliques sont même plus fréquents : contractant ainsi une première syphilis au début de leur existence, ils ont plus de chances de s’exposer à des contagions nouvelles une vingtaine d'années après, alors que de leur immunité commence à décroître.
| Ces réinfections seront plus fréquentes chez les dystrophies b: que ceux qui auront reçu la syphilis en nature. Pourtant nous
avons vu qu'elles n'étaient pas rares chez les hérédo-syphilitiques tertiaires, qu'on pouvait même la rencontrer chez des hérédo-syphililiques secondaires. La rareté de ces derniers faits s'expliquant d'ailleurs suffisamment par la rareté de la survie jusqu'à un âge avancé, de ces petits malades si durement frap- ; pés par l'hérédo-syphilis.
: Syphilis par conception etimmunité. Loi de Beaumès-Colles. # Loi de Profeta. — Baumès, puis Colles ont mis en lumière 7 l’'immunité particulière des femmes ayant donné le jour à des à enfants atteints de syphilis héréditaire. Ge principe est connu sous le nom de loi de Baumès-Colles. Cette immunité affirmée par la elinique permet à la mère de nourrir son enfant hérédosyphilitique et cela sans danger. Cela est d'autant plus précieux qu'on peut poser en principe qu'un hérédo-syphilitique nourri par sa mère a toutes les chances de vivre, nourri artificielle-
ment, de mourir presque à coup sûr.
Sous le nom de loi de Profeta, on formule un principe iden-
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< tique : l'enfant né d’une mère syphilitique ne prend pas la sy-
i ; philis de sa mère. € Ces deux lois sont sujettes, elles aussi, à de nombreuses <
exceptions. En voici des exemples. ë
Exception à la loi de Baumès-Colles : ee
Obs. LXX VII (Soc.de méd. et de chirurgie de Bordeaux,28 janvier 1909).— Frecx a soigné une malade pour chancre syphilitique du mamelon gauche 4 avec adénopathie axillaire correspondante. La malade a été infectée par son
propre nourrisson. L'ulcération s'est produite exactement trois mois après le | début de l’allaitement.
| Le nourrisson, vu un mois après sa naissance, était porteur de syphilides = papuleuses sur le front et les joues, de plaques muqueuses des lèvres, de syphilides papulo-érosives. Cet enfant est mort deux jours après avoir été vu par Frech.
Exception à la loi de Profeta.
Obs. LXX VIII (ArnixG, Vierteljahrsch fur Dermat. und Syphil., 1883, Heft I). — /n/ection d'une femme enceinte par son mari récemment infecté. Enfant sain, infection de ce dernier par sa mère. — Un homme contracte la sy- 3 philis et infecte sa femme au 4° mois de sa grossesse. Celle-ci est traitée par = des frictions (accidents secondaires).
L'enfant né à terme fort et bien constitué, nourri par sa mère qui pré- 4 sente des rhagades au niveau du mamelon gauche. Un mois après l'enfant a présente une érosion de la lèvre (chancre) avec ‘de l'adénopathie puis des 4 éruptions secondaires. Il meurt, l'autopsie révèle l'intégrité de ses poumons, de son cœur, de son foie, de sa rate. D
Un enfant dont le père était sain au moment de la conception et dont la mère est devenue syphilitique pendant la grossesse, peut naître sain et ne présente aucune immunité.
Souvent, en effet, la maladie de la mère contractée pendant, les derniers mois de la grossesse ne se transmet pas à l'enfant.
« On n'a pas d'exemple, dit Prieur, de syphilis héréditaire, la mère ayant été infectée dans les deux derniers mois de la ; grossesse. » |
Maupron (Gu:. Hebd., 1856) était même plus absolu, il prétendait que la mère infectée pendant la grossesse ne peut à aucun moment transmettre la syphilis à l'enfant, Ricord don-