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CHAPITRE IV

corps de l’hématie se digère assez vite, mais le noyau, imprégné d’hémoglobine, persiste beaucoup plus longtemps. Il se divise en plusieurs fragments, reconnaissables par leur coloration jaune et cjnelquefois on trouve ces débris d liématies encore pendant des semaines dans l'intérieur des macrophages. Seulement ceux-ci ne restent pas définitivement dans le liquide péritonéal. Quelques (3-4] jours après l’injection, la lymphe du péritoine ne contient que des leucocytes nouvellement arrivés qui ne renferment pas d’hématies, ni de leurs résidus. 11 faut ouvrir le cobaye pour reti-ouver les macrophages, ayant dévoré les globules rouges. On les rencontre en grande quantité dans la partie ganglionnaire de l’épiploon, dans les ganglions mésentériques, dans le foie et dans la rate. Il est assez facile de les reconnaître, en se guidant par l’aspect caractéristique des débris d’hématies. Après avoir dévoré les globules rouges, les macrophages quittent le liquide péritonéal et achèvent la digestion dans les endroits que je viens de citer. Dans le foie, ils se présentent sous forme de grosses cellules mononucléaires avec des prolongements souvent très développés. A cet état, ils rappellent tout à fait les cellules étoilées de Kuptfer et ce fait m’a précisément suggéré la supposition que ces éléments ne sont autre chose que des globules blancsimmigrés dans les vaisseaux du foie.

En poursuivant le sort des macrophages qui ont résorbé les hématies, on les retrouve dans les gros vaisseaux hépatiques, dans la veine cave et même dans le sang du cœur. Seulement dans ces derniers endroits, ils ne renferment que quelques restes à peine reconnaissables de leur proie. Ces phagocytes, issus du sang pendant 1 inflammation qui suit l’injection des hématies d’oie, y rentrent après avoir accompli leur fonction, à la période finale de la résorption. Celle-ci doit être considérée incontestablement comme une digestion intracellulaire. Lorsque l’on compare les phénomènes intimes qui se passent dans l’intérieur des macrophages qui renferment des hématies, avec ceux cpie nous avons décrits dans les phagocytes intestinaux des Planaires ou des Actinies après leur repas, l’analogie entre les deux devient tout à fait manifeste. Dans les deux ordres de faits, les hématies subissent une altération considérable qui amène la diflusion de l’hémoglobine. La membrane et le noyau des hématies persistent plus longtemps, mais finissent aussi par être digérés. L’excrétion de l’hémoglobine au dehors des phagocytes que nous avons mentionnée tout à l’heure pour le cas des macrophages de cobaye, s’observe également chez les Actinies, dont la cavité cœlentérique est colorée par une solution rose.

HKSORI’TION DES ELEMENTS FIGURÉS

Nous avons vu que la digeslioii intracellulaire chez les Actinies se fait clans un milieu nettement acide, tandis que dans les cellules intestinales des Planaires elle a lieu dans un milieu faiblement acide. Les macio[)liages de cobaye, lors de la résorplion des hématies d’oie, digèrent dans un milieu qui accuse une acidité encore plus faible. Lorsqu’on leur fait ingérer des grains de tournesol bleu, on ne constate aucun ebangement de couleur. L’alizarine sulfo-conjugée n’accuse pas non plus de réaction, ce qui tient probablement k son effet toxique sur le protoplasme des macrophages. Mais, lorsqu’on ajoute à une goutte d’exsudat péritonéal de cobaye, contenant des macrophages remplis d’hématies d'oie, un peu de solution à 1 0/0 de rouge neutre d Lbrlich, on voit aussitc^tla coloration rouge bricjue apparaître dans le contenu de ces phagocytes. Cette coloration est tout à fait semblable à celle que nous avons décrite dans les amibes qui digèrent des bactéries ou bien dans les phagocytes intestinaux des Planaires. On peut donc la considérer comme une indication d’acidité faillie. C-ette coloration se maintient pendant quelques heures, après quoi elle cède biplace à une décoloration totale Ce phénomène final doit être attribué, comme dans beaucoup d'autres cas, à la neutralisation de 1 acide par le protoplasme alcalin, macéré dans le liquide après la mort des macrophages.

L exemple que nous avons choisi — la destruction des hématies d oie par les macrophages de cobaye — peut servir de prototype pour la résorption des éléments figurés en général. Si, au lieu d’hématies d oie, nous injectons dans le péritoine de cobaye du sang de pigeon ou de poule, les phénomènes seront les mômes dans leurs grandes lignes. On verra toujours que les hématies provoqueront la chimiotaxie positive surtout de la part des macrojihages qui engloberont par le môme procédé les hématies nucléées. Il se peut que dans quelques cas, lorsque l’on injecte du sang de poule avec des globules rouges peu résistants, un certain nombre d’entre eux subissent pendant les premiers moments une dissolution partielle dans le liquide péritonéal (I j. Mais ici aussi les stromas et les noyaux de toutes les hématies, ainsi qu un grand nombre de ces globules non touchés par le plasma de 1 exsudât phagolysé, subissent la digestion dans l’intérieur des macrophages.

(1) M. Krompecher (Centralbl. f. nakterioloffie, 1900, T. XX\Ttt, p. o88) a obtemi nn capable (faliôrer les noyaux des globules rouges de -reseaux ceux des bémalies d%i-

seaux, tels que 1 oie, la poule et le pigeon.

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