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CHAPITRE IV

Lorsqu’au lieu de sang, on injecte dans le péritoine des globules blancs, provenant de la moelle des os, de la rate ou des ganglions lymphatiques des animaux, on constate encore leur disparition definitive dans les macrophages. Pour ce genre d’études, conviennent très

bien les spermatozoïdes d’homme ou de différents mammifères (taureau.

lapin, cobaye, etc.) que l’on injecte dans le péritoine de cobaye ou de lapin. Ici encore le résultat immédiat de l’injection est la phagolyse très manifeste des leucocytes. Ce phénomène cède la place à une inflammation exsudative qui amène dans le péritoine une quantité de phagocytes. Ceux-ci, surtout les macrophages et en petite partie seulement les micropliages, dévorent les spermatozoïdes qui dans aucun cas ne subissent de dissolution, même partielle, dans le plasma de l’exsudât. Les macrophages saisissent les spermatozoïdes qui quelquefois, par les mouvements actifs de leur queue, accusent une grande vitalité. Au bout de quelques heures, tous les spermatozoïdes se trouvent englobés dans l’intérieur des phagocytes et y sont soumis à une destruction complète. La queue se digère la première, mais la tête et la portion moyenne subissent bientôt après le même sort. Le rouge neutre révèle la même réaction faiblement acide, peut-être encore

avec plus de netteté qu avec les hématies.

Le résumé du travail de M. Langhans que j’ai donné dans ce chapitre, laisse prévoir que la résorption dans le tissu sous-cutané suit les mêmes règles que dans le péritoine. En effet, le sang injecté dans cet endroit, provoque une diapédèse des phagocytes qui englobent les hématies. Dans quelques cas seulement, on constate une dissolution partielle de ces globules dans le liquide de l’exsudât sous-cutané. C’est ainsi que le sang d’oie, injecté sous la peau du cobaye, donne lieu à la formation d’une exsudation liquide qui se colore en rose vif pari hémoglobine dissoute. Celle-ci provient des hématies, avariées par le sérum sanguin

d’oie, ajouté au plasma de l’cxsudat. Les stromas et les noyaux des hématies ne peuvent cependant être dissous dans ce liquide. Ils subissent le même sort que les hématies restées intactes, c’est-à-dire qu ils sont englobés par les macrophages qui immigrent dans le tissu sous-cutané et qui digèrent finalement tous ces éléments. Les cellules, moins fragiles que certains globules rouges, sont, sous la peau, comme dans le péritoine, détruites uniquement à l’intérieur des phagocytes.

L’analogie entre les modifications que subissent les hématies et les autres cellules dans les macrophages, avec les phénomènes qui se passent dans les cellules intestinales chez les Planaires et les Actinies,

RÉSORPTION DES ÉLÉMENTS FIGURÉS

nous indique déjà que la résorption des éléments figurés doit être réellement considérée comme une digestion intracellulaire véritable. Mais il serait très important dàippuyer cette conclusion par des preuves encore plus démonstratives. L’étude de la digestion artificielle qu’on observe in vitro avec la macération des filaments mésentériques des Actinies a fourni un argument très précieux en faveur de la nature eiizjmatique de la digestion intracellulaire. Les exsudats des animaux se prêtent difficilement à ce genre de recherches. On ne les obtient qu’à la suite de l’injection de différentes substances, solides ou liquides, qui sont avidement absorbées par des phagocytes. Si l’on prélève les exsudats au moment où la quantité de ces cellules y est encore considérable, on retire en même temps beaucoup de substances digestives (pii gênent 1 observation. Il est donc très utile de s’adresser a des masses de phagocytes, réunis dans des organes. Comme ce sont en très majeure partie les macrophages qui opèrent la résorption des cellules, il est évident qu il faut choisir les centres de leur formation pour rechercher les ferments digestifs. Prenons donc les ganglions lymphatiques du mésentère, la partie ganglionnaire de l’épiploon et la rate, ces trois organes macrophagiques par excellence, et voyons si avec leur extrait, préparé avec de l’eau physiologique (à 0,75 de chlorure de sodium ), on peut obtenir un eüèt digestif quelconque!

Nous avons d’abord fait macérer les trois organes mentionnés de col)aye et nous avons mis les extraits ainsi obtenus en contact avec les hématies d’oie qui nous avaient déjà renseigné sur les phénomènes de résorption dans l’organisme vivant. Chez presque tous les cobayes, nous avons pu constater une dissolution des hématies d’oie avec f’ex! trait de la partie ganglionnaire de l’épiplooii.Les ganglions mésentériques donnaient également un extrait le plus souvent dissolvant. L’extrait de la rate n’était actif que dans un nombre de cas plus restreint. Dans tous ces exem])les les extraits des organes macrophagiques amenaient la dissolution de l’hémoglobine, mais laissaient intacts la membrane et le noyau des hématies. Sous ce rapport il existe doue une certaine différence avec la digestion des globules rouges dans les macrophages des exsudats, où la membrane et même le noyau finissent par se dissoudre totalement. Mais cette dilférence s’explique bien par le fait que, dans la préparation de l’extrait dans de l’eau physiologique, une partie seulement du ferment digestif soluble peut être mise en liberté.

L action dissolvante des extraits d’organes macrophagiques doit en

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