CHAPITRE PREMIER
dépôt avec de la glycérine. A l’aide de 1 alcool, il obtenait un précipité
qui se dissolvait facilement dans l’eau.
Le liquide ainsi obtenu exerçait une influence digestive incontestable sur des sulistances albuminoïdes. Il liquéfiait facilement la gélatine et attaquait môme, quoique faiblement, 1 albumine coagulée par la chaleur. Les flocons de fibrine chauffée à resfaient inaltérés. Il y avait donc dans le liquide, préparé avec les amibes, une diastase protéolytique, mais d’activité faible. Par contre, le môme extrait ne renfermait ni sucrase, capable d’intervertir le sucre de canne, ni lipase pour digérer les matières grasses.
L'amibodiastase de M. Mouton doit être rangée dans le groupe des trypsines. Elle est très active dans un milieu nettement alcalin et continue à digérer lorsque le milieu devient faiblement acide (ce (jui correspond à la réaction que l’on observe sur des amibes traitées avec des matières colorantes appropriées). Le cbauliage de 1 amibodiastase a 54“ commence déjà à l’attaquer ; la température de 60“ la détruit complètement.
La question qui nous intéresse surtout dans cet exposé concerne l’action de l’amibodiastase sur les bactéries. Les expériences nombi ’euscs de M. Mouton, dirigées vers ce point et faites avec des colibacilles vivants, lui ont donné des résultats négatifs. Mais ces microbes, préalablement tués par la chaleur ou par le chloroforme, ont été bien attaqués par le ferment soluble des amil)es. Des émulsions troubles de colibacilles morts, incapables de subir une auto-digestion ([uelconque, devenaient transparentes après quelque temps de contact avec l’extrait des amibes. L'amibodiatase digère donc bien in vitro les bactéries mortes, tandis que dans le corps des amibes elle attaque les bactéries englobées à l’état vivant. Il faut en conclure que ce n’est qu'une faible partie de cette diastase qui passe dans les extraits préparés par M. Mouton.
Cette digestion intracellulaire des protozoaires sert non seulement à leur nutrition, mais aussi à leur protection contre les parasites infectieux. Le protoplasma des infusoires, avec ses sécrétions vacuolaires, digère en général tout ce qui est à sa portée; Si les organes internes, comme les noyaux et les vacuoles pulsatiles, résistent à ce processus, cela tient incontestablement à leur propriété de se défendi’c contre 1 attaque des sécrétions digestives. Aussi, comme il ressort des belles recherches de M. Maupas (I), le macronucléus des paramécies,
(1) Archives de zoologie expérimentale, 1889. T. VII, p.44Ü.