‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 60 sur 171 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

de col)aye, mais en même temps, comme l’a démontré M. Besredka ( l), il exerce plusieurs autres fonctions et notamment celle d’empêcher la phagocytose. C’est donc surtout la fonction antiphagocytaire qui a servi à supprimer rimmuiiité acquise des cobayes dans les expériences de M. Wassermann. Celles-ci nous fournissent une nouvelle preuve de la grande importance de la réaction phagocytaire dans ce genre d'immunité, ce qui confirme encore une fois 1 analogie entre le mécanisme de la résistance de 1 organisme contre le coccohacille typhique et celui contre le vibrion cholérique.

En présence de cette analogie si grande, il est inutile d’insister plus longuement sur les détails de l’immunité acquise des animaux contre la maladie expérimentale, provoquée par le microbe de la fievre typhoïde. Il vaut mieux s'adresser à un autre exemple, choisi dans le groupe des bacilles. Nous croyons nécessaire de nous arrêter d’abord sur l’imm unité acquise contre le bacille du pus bleu (BacUhis pf/oci/anem) qui, pendant toute une série d’années, était considéré comme le meilleur exemple pour l’étude de ce genre d’immunite. M. Charrin qui le premier a obtenu une maladie expérimentale avec ce microbe, a publié plusieurs notes (2) sur l’immunité acquise du lapin vis-à-vis du liacille pyocyanique. Il a démontré la possibilité de vacciner ces animaux non seulement avec des bacilles vivants, mais aussi avec les produits de leur culture et il s’est mis surtout à étudier le sérum sanguin des animaux vaccinés comparativement avec le sérum de lapins neufs, par rapport au développement du bacille pyocyanique. N’ayant pu constater de pouvoir bactéricide proprement dit du sérum des lapins immunisés, M. Charrin, le premier, a attiré l’attention sur quelques modifications que subissent les bacilles, enveloppés dans ce milieu. Il a observé que, dans ces conditions, il ne se produit pas de pyocyanine et, en collaboration avec M. Roger, i a démontré que, dans le sérum de lapin vacciné, le bacille pyocyanique forme des paquets, composés de cbainettesplus ou moins longues, tandis que dans le sérum de lapin neuf, sensilile, ce bacille se développe sous forme de bâtonnets normaux, pour la plupart isolés.

De ces expériences in vitro, M. Charrin a conclu à un affaiblissement considérable dans les fonctions du bacille pyocyanique, soumis

à l’influence des humeurs de l’organisme vacciné. M. Bouchard (.1)

II) A?i>iales de IVnsHiut Pasteur, r-iT ■ ISàO

(2) Comptes rendus de la Soc de Biologie, 188'), pp. 2.jü, 330, b-/ , H3 . pp. 2Ü3, 332, 193.

(3) Les microbes pathogènes, fans, I83-.

a même développé une théorie de rimmiinité acquise, dans laquelle le rôle principal est attribué a 1 impossibilité pour le microbe, pénétré dans 1 organisme réfractaire, de sécréter ses produits liquides qui empêchent la dilatation vasculaire et entravent par là la diapédèse. Mais piécisément 1 observation comparative des faits qui se passent chez des lapins, sensibles a la maladie pyocyanique et chez des lapins vaccinés, démontre l’impossibilité d’accepter l’explication de M. lloucliard. xViiisi 1 inoculation du bacille du pus bleu sous la peau de 1 oreille de lapins neufs, non vaccinés, provoque une forte réaction inflammatoire avec une hyperémie considérable ; la diapédèse des globules blancs se fait tardivement et la phagocytose ne s’accomplit et ne se détermine qu’au bout d’un temps très long. Chez les lapins vaccines, dans les mêmes conditions d'infection, l’hypérémie des vaisseaux de l’oreille est insignifiante, mais la diapédèse est précoce et la phagocytose se produit d’emblée. Ce n’est donc point l'impossibilité pour les leucocytes de traverser la paroi vasculaire, due à l’absence de la dilatation des veines, qui les empêche d’arriver précipitamment au heu du combab mais c’est l’insuffisance de leur sensibilité positive qui est la cause de la phagocytose tardive et incomplète. Cette interprétation se confirme aussi pour les autres cas d’immunité acquise.

M. P. àlüller (!) a insisté plus récemment sur le rôle du pouvoir bactéricide du sérum des animaux, vaccinés contre la maladie pyocyanique. Les résultats négatifs de ses prédécesseurs perdent' pour M. Muller leur valeur, car toutes les expériences ont été exécutées dans des conditions d’aérobiose et ce n’est qu’en l’absence de l’oxygène libre que le pouvoir bactéricide peut s’exercer librement. Cet observateur s’est donc mis à comparer dans des conditions de vie anaérobie cette influence bactéricide sur le bacille pyocyanique, de la part des sérums, provenant d’animaux neufs et de" vaccinés. Scs expériences ont démontré qu’en effet le sérum sanguin des animaux • vaccinés est plus bactéricide que celui des lapins neufs. Seuleifient, avant de tirer quelque conclusion de ce fait, il est indispensable de poser cette question : les phénomènes, observés in vitro, sont-ils comparables à ceux qui se passent dans l’organisme vivant ? Il a été déjà tant de fois démontré dans les chapitres précédents, que le sérum .sangnin que l’on obtient après la saignée et après la formation du caillot,

(I) Centralhlalt fur Bnkleriologie, tnOO. T. XXVIII. p. 577.

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