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CHAPITRE XII

IMMUNITÉ ARTIFICIELLE VIS-A-VIS DES TOXINES

Accoutumance aux poisons. — Immunité artificielle contre les toxines bactériennes et végétales et contre le venin des serpents. — Principaux procédés d’immunisation.

— Immunisation par les toxines et les toxoïdes. — Vaccination contre la toxine diphtérique. — Phénomènes qui se produisent au cours de la vaccination contre les toxines. — Hyperthermie. — Leucocytose. — Développement du pouvoir antitoxique. — Propriétés des antitoxines. — Mode d’action des antitoxines. — Action des antitoxines m vitro. — Leur action dans l’organisme. — Influence des éléments vivants sur la combinaison de l’antitoxine avec la toxine. — Action antitoxique des sérums non spécifiques, des sérums neufs et du bouillon . — L’immunité contre les toxines n’est pas en proportion directe avec la richesse des humeurs en antitoxines.

— Hypersensibilité de l’organisme traité avec des toxines. — Diminution de la sensibilité de l’organisme immunisé contrôles toxines.

Hypothèses sur la nature et l'origine des antitoxines. — Hypothèse de la transformation dos toxines en antitoxines. — Hypothèse des récepteurs détachés des cellules comme source des antitoxines. — Hypothèse de l’origine nerveuse de l’antitoxine tétanique. — Fixation de la toxine tétanique par la substance des centres nerveux.

— Les rapports entre la Saponine et la Cholestérine. — Le sérum antiarsénieux. — Rôle des phagocytes dans la lutte de l’organisme contre les poisons. — Le rôle probable des phagocytes dans la production des antitoxines.

Tandis que les savants ne sont arrivés que depuis un peu plus de dix ans à vacciner contre les poisons par des procédés artificiels, les peuples sauvag'cs et ceux de l’antiquité possédaient déjà depuis des temps très anciens des méthodes pour se préserver contre reflet de certaines substances venimeuses. L’oliservation fréquente des cas où des doses de poisons, insuffisantes pour donner la mort, amenaient un état résistant plus ou moins duralile, devait avoir comme conséquence l’élaboration de moyens artificiels pour empêcher les intoxications.

M. V. llehring (I) pense avec raison que des faits analogues ont dû être connus dos médecins de l’antiquité et que c’est dans ces connaissances (pi’il faut chercher la source du dogme, professé par Hippocrate, que le même facteur qui produit la maladie est capable aussi d’en préserver.

Pline raconte l'iiistoire, depuis devenue si généralement connue^ de Milhridate du Pont-Eiixin qui possédait le moyen de se préserver

(1) Allgemeine Thérapie der Infectionskrankheiten, Berlin, Wien, 1899, p. 982.

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