CHOLÉRA
En acceptant cette théorie, on se trouve en mesure d'expliquer des phénomènes qui, autrefois, étaient inexplicables.
Pourquoi une épidémie de choléra, par exemple, a-t-elle plus de durée quand elle est moins intense?
Pourquoi sa durée est-elle plus courte lorsque l'intensité est plus grande?
C'est que plus elle est intense et plus il y a de microbes, la vie de ces microbes est d'autant plus active, et par conséquent il doit y avoir plus de ioucomaïnes qui agissent mortellement sur ces mêmes microbes.
Si au contraire l'épidémie est légère, c'est que le nombre des microbes est moindre, 'et qu'ils peuvent plus facilement, emportés par les eaux ou par tout autres véhicules, échapper à l'action de leurs leucomaïnes.
C'est encore dans cette théorie que l'on trouve l'explication du fait qui semblait extraordinaire de voir une ville où le choléra a sévi pendant une année, être indemne
rannée suivanle; tandis que, une autre ville, se trouvant sous la même influence atmosphérique et dans des conditions égales, n*ayant pas été atteinte par le fléau la première année, est contaminée la seconde.
On aurait pu croire que le danger était plus à redouter dans la première que dans la seconde, car dans la première il devait y avoir de nombreux germes, tandis que dans la seconde il n*y en avait pas.
Seulement, en admettant que le poison qui doit tuer le microbe est produit par le microbe lui-même, on peut expliquer ceci.
La fausseté de Fidée de Tatténuation des microbes éclate également dans tous ces faits.
On serait porté à croire que Tépidemie diminuant dans une ville, le microbe qui Ta importée est atténué, cl que par conséquent Tépidémie causée dans une autre ville par ce même microbe devait être très bénigne. On a pourtant constaté des faits très nombreux qui sont tout à fait en désaccord avec cette opinion.
D'après la théorie exposée ci-dessus, le microbe du choléra doit nécessairement disparaître, plus ou moins tard, de l'Europe.
Pourquoi donc le choléra est-il endémique en Asie? C'est qu'en Orient la putréfaction des cadavres dans le delta du Gange engendre le micro-organisme du choléra qu'aucune putréfaction ne produit en Europe (1).
(1) Le bacille-virgule ainsi que tout autre organisme doit suivre les lois de la végétation, de même que les grandes plantes : il doit se reproduire