RÉPONSE
AUX OBJECTIONS QUI ONT ÉTÉ FAITES A LA THÉORIE DE L'IMMUNITÉ PAR LES LEUCOMAINES
Au mois d'octobre 1886, M. Zaborowski s'occupait de notre travail dans ses savantes chroniques scientifiques publiées dans la Justice.
A la fin de son étude, il faisait à notre théorie l'objection suivante :
(( Une théorie de rimmunité, disait-il, devrait nous expliquer aussi bien Timmunité naturelle des moutons algériens contre le charbon el des nègres contre la fièvre jaune, que Timmunité acquise par des inoculations préventives. »
Avant de répondre à cette objection, nous devons faire l'observation suivante. Il n'existe pas, ou tout au moins on ne connaît pas de loi qui régisse, à elle seule, tous les phénomènes. Les lois sont multiples, et chacune d'elles en régit un seul groupe. Ce qui est appelé par M. Zaborowski immunité naturelle, appartient à un groupe tout à fait différent du phénomène que nous nous sommes
proposé d'expliquer, celui de la non-récidive des maladies infectieuses, c'est-à-dire de la vaccination.
Pour prouver cette non-récidive, il faut d'abord expliquer ce que l'on entend maintenant par immunité. Comme nous l'avons déjà dit au commencement de cet ouvrage, c'est l'immunité acquise par les maladies infectieuses qui a servi de type pour les vaccinations.
Voyons donc ce qui arrive quand, après ces maladies, survient l'immunité.
Dans les maladies infectieuses, le microbe est l'agent qui exerce son action sur Torganisme infecté, dont le rôle est purement passif.
Cet agent proliBque seulement la première fois qu'il pénètre dans l'organisme, s'y développe et se multiplie; il est au contraire, la seconde fois, inoiïensif, impuissant à germer, ne donnant même plus aucun signe de vie.
Tel est le phénomène auquel on donne le nom de immtinité.
Mais quelle est la cause de ce phénomène? Pourquoi le microbe, en pénétrant la seconde fois, meurt-il, ou tout au moins reste-t-il sans action, tandis qu'après sa première introduction il vit et se développe?
Voilà le véritable problème de l'immunité. Ainsi posé, on voit tout de suite combien il diffère de ce que M. Zaborowski appelle l'immunité naturelle.
Supposons en effet un microbe introduit dans un récipient chauffé à une température élevée, 200% par exemple : ce microbe y mourra, c'est certain. Serait-il logique de vouloir expliquer par la même loi ce fait et le phénomène dont nous avons parlé tout à l'heure ? Assurément non, car dans l'exemple proposé, le microbe meurt dès la première