‹ L'Immunité TransmiseChapitre 16 sur 96 · LUE · texte numérisé non relu

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pas aussi exceptionnel qu’il paraît à l'heure actuelle. On peut supposer — mais ce n’est là qu’une hypothèse — que la résistance bien connue des jeunes animaux à certaines infections, le rouget du porc par exemple, procède d’une cause analogue.

ARTICLE II

Transmission de l’immunité conférée

De nombreuses recherches ont déjà été consacrées à la transmission d’une immunité conférée. Elles concernent, soit la transmission d’un état réfractaire, soit la transmission des divers anticorps.

Nous nous bornerons à indiquer, dans un historique sommaire, les diverses phases de cette étude pour classer ensuite l’ensemble des travaux dans une simple énumération.

HISTORIQUE. — Dès 1879, Rickert (cité par Burckhardt) a l’idée d’éprouver la réceptivité d’agneaux âgés de quatre à six semaines, nés de mères clavelisées dans les dernières semaines de la gestation. Tous résistent à l’inoculation du « claveau », alors que les nombreux témoins présentent des pustules locales. RE

L'année suivante, Chauveau, étudiant le renforcement de l’immunité des moutons algériens à l’égard du « sang de rate », par les inoculations préventives, constate que les phénomènes réactionnels consécutifs à l’inoculation « ne se manifestent pas si la mère du jeune agneau a été inoculée plusieurs fois dans les derniers mois de la gestation ».

C'est ainsi qu’un agneau de seize jours (1) « littéralement couvert de piqûres d’inoculation à diverses reprises, ne présente jamais de tuméfactions ganglionnaires, ni d’élé-

(1) … qui, selon toute vraisemblance, avait tété sa mère depuis sa naissance... |

vation de la température rectale. Il en est exactement de même sur deux autres agneaux dont les mères avaient été inoculées trois ou quatre semaines avant la mise bas, avec de notables quantités de virus introduit par injections sous-cutanées.

Kitasato (1889) constate la résistance des cobayes nés de mères immunisées contre le charbon bactéridien.

Ces tentatives restent toutefois isolées et l’étude systématique de la transmission expérimentale de l’immunité maternelle ne commence qu’en 1892, avec le travail magistral d’Ebrlich sur les propriétés des humeurs chez les animaux traités par les toxines végétales. Ehrlich constate que les antitoxines élaborées chez les femelles en gestation sont retrouvées chez les jeunes et que l’immunité des mères est transmise aux nouveau-nés par le lait.

Le travail d’Ehrlich est l’occasion de toute une série de recherches sur la transmission de l’immunité,.

En 1896, Widal signale les propriétés agglutinantes des sérums au cours de certaines infections. La fécondité de la découverte est telle que des centaines de travaux sont aussitôt consacrés à l’étude de la séro-réaction, et, parmi eux, un certain nombre s'appliquent à la recherche comparée des propriétés agglutinantes des humeurs chez les mères et chez les nouveau-nés au cours de multiples affections.

Les recherches d’'Ehrlich sur les toxines végétales avaient mis en évidence le passage des antitoxines dans le lait.

En 1911, Famulener montre, par des expériences que nous rapporterons en détail, que le colostrum est le principal vecteur des hémolysines produites chez la chèvre.

Ces travaux inspirent les recherches de Smith et Little (1922) et de Smith et Orcutt (1922) sur le rôle du colostrum dans la protection des veaux contre l’infection colibacillaire; ils sont aussi l’origine de toute une série d’investigations sur le passage des anticorps dans le colostrum et dans le lait.

REVUE GÉNÉRALE DES TRAVAUX (1) CONCERNANT LA TRANSMISSION DE L'IMMUNITÉ CHEZ L'ANIMAL (2).

À) Transmission de l’état réfractaire

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