CHAPITRE IT
L’immunité transmise chez l’animal
ARTICLE PREMIER
Transmission de l’immunité acquise
Les observations précises de transmission d’une immunité acquise paraissent assez rares chez les animaux.
FIÈVRE APHTEUSE, — L'un des exemples les plus probants
est fourni par la fièvre aphteuse, | D'après Froehner, l’immunité des veaux nés de mères affectées peu avant l’accouchement est solide et persiste pendant plusieurs années. Lôffler et Frosch constatent qu'un veau né d’une génisse affectée quelques mois avant la fin de la gestation résiste à l'injection intraveineuse de 1/100° de centimètre cube d’une lymphe très active.
RAGE. — D’après Hoegyes (1899), les jeunes nés de
chiennes vaccinées présenteraient une résistance appréciable vis-à-vis du virus rabique.
FIÈVRE RÉCURRENTE, — Novy et Knapp (1906) signa-
lent la résistance des rats nés de mères immunisées con-
tre le spirille d'Obermeyer.
COLIBACILLOSES. — Smith et Little (1922) sont amenés à entreprendre des recherches sur le pouvoir immunisant
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du colostrum vis-à-vis du colibacille dans les conditions suivantes :
Une méthode très répandue de prophylaxie de la tuberculose des bovidés, préconisée par le professeur B. Bang, de Copenhague, comporte l'isolement, dès la naissance, des veaux de mères tuberculeuses et leur alimentation exclusive avec du lait provenant de vaches saines. Les nouveau-nés se trouvent ainsi privés du colostrum maternel. Or, l’observation montre qu’en ces conditions les jeunes succombent en quasi-totalité à unie infection septicémique colibacillaire, exprimée surtout par un flux intestinal (diarrhée des veaux).
Smith et Orcutt (1925) établissent par une série d’expériences que le colostrum protège le nouveau-né par les antitoxines accumulées qu’il renferme. Ils démontrent que cette immunité transmise, rigoureusement spécifique, ne vaut que pour les races de B. coli hébergées par la mère et vis-à-vis desquelles elle est elle-même immunisée,
On pressent l'intérêt considérable de ces observations et de toutes les conséquences qu’elles comportent (1).
La même année, Smith étudie la pathogénie d’une complication fréquente de la septicémie à colibacille, la néphrite en foyers dite « rein blanc tacheté » (2). Or, les lésions sont dues encore à des B. coli et à des paracoli; elles sont liées à une inféction par la voie sanguine réalisée dans le tout premier âge chez des organismes non protégés par la transmission des immunités maternelles.
Ce curieux exemple d’immunité transmise n’est peut-être
(1) Cette immunité conférée au nourrisson vis-à-vis du coli serait particulièrement intéressante à étudier chez l'enfant. Les colibacilluries observées se produisent-clles plus volontiers chez les nouveau-nés qui n’ont pas absorbé le colostrum ou le lait de leur mère ?
(2) Le rein tacheté, rein à macules, rein blanc, est caractérisé par de nombreux foyers d’apoplexie leucocytaire, miliaires ou confluents, sous forme de taches arrondies, superficielles, blanc jaunâtre, ou d’une surface étendue de dégénérescence. Christiansen (1919), Pfenninger et Krupski (1923) trouvent des coli et des paracoli dans les lésions et reconnaissent que les formes microbiennes isolées sont identiques à celles qui sont rencontrées dans la diarrhée des veaux.
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