‹ L'Immunité TransmiseChapitre 32 sur 96 · ME · texte numérisé non relu

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Yourewitch (1903) étudie la transmission des agglutinines typhiques chez le cobaye et chez le lapin.

Chez le cobaye. — « Sur trente et un sujets nés de mères immunisées pendant la gestation, vingt-huit agglutinent le jour même de la naissance. »

Chez le lapin. — L'agglutination est recherchée chez le fœtus et chez le nouveau-né à la naissance.

Tous les sujets n’agglutinent pas.

Chez ceux qui agglutinent, le pouvoir agglutinant augmente, dans les quelques semaines qui suivent la maissance, au point de dépasser le titre de l’agglutination maternelle. Par contre, aucun pouvoir n’apparaît chez ceux qui n’agglutinent pas. |

Dans ces conditions, on pourrait se demander si ces agglutinations progressivement croissantes ne sont pas le fait d’une infection eberthienne contractée in utero.

Il n’en est rien : si l’on injecte à des femelles de cobayes pleines des sérums d’animaux divers (cheval, lapin, cobaye) inmmunisés vis-à-vis du bacille d’Eberth, le sérum des cobayes acquiert un pouvoir agglutinant de 1 p. 500. Vingt-quatre heures après ce titrage, le sang des fœtus extraits (par accouchement provoqué ou par césarienne) agglutine également.

Staübli (1903) confirme chez le cobaye les résultats de Yourewitch. Il constate que le lait de ses sujets possède également, vis-à-vis de l’Eberth, un pouvoir agglutinant très élevé « qui dépasse même, de beaucoup, celui du sérum maternel ». Ce lait n’a-t-il pas joué un rôle dans l’immunité transmise tardivement constatée ?

2° VIBRION AVICIDE, — Vaillard (1896) constate chez le cobaye que la transmission des anticorps s'opère par voie placentaire.

3° VIBRION CHOLÉRIQUE. — Achard et Bensaude (1897) font les mêmes constatations; elles sont confirmées ensuite par Dieudonné (1899).

4° B. PROTEUS. — Achard (1897) réalise, avec Lannelongue, des expériences qui établissent le rôle de la transmission placentaire avec une telle précision que nous les rapportons « in extenso » :

1° Femelle (de cobaye) sacrifiée après avoir subi pendant plus d'un mois une série d’inoculations virulentes. Le sang possède un fort pouvoir agglutinant, la bile et l'humeur aqueuse en sont dépourvues. L’utérus contient un fœtus dont le sang donne une réaction faible; le liquide amniotique donne une réaction plus forte;

2° Femelle sacrifiée après trois mois d’inoculations. Le sang donne la réaction agglutinante d’une façon intense; la bile et l'urine n’en donnent aucune, l’humeur aqueuse ne donne qu’une réaction douteuse.

L’utérus contient trois fœtus dont le sang est doué d’un assez fort pouvoir agglutinant; il en est de même du liquide amniotique;

3° Femelle inoculée pendant trois mois. Elle met bas un petit à terme dont le sang donne nettement la réaction agglutinante et la conserve pendant plus de six semaines. Le sang de la mère est très fortement agglutinant; le lait donne aussi la réaction; Vurine n’a qu’un faible pouvoir agglutinant et la bile et l'humeur aqueuse n’en ont aucun;

4° Femelle de cobaye soumise depuis trois mois et demi aux inoculations et dont le sang possède un pouvoir agglutinant intense. Elle met bas deux petits. L'un est mort-né. Son sang donne une réaction très marquée, l'humeur aqueuse et la bile ne donnent rien. (Le contenu gastrique donne une faible réaction, mais il est mélangé d’un peu de sang.) L'autre petit est vivant; son sang donne fortement la réaction et la conserve trois semaines. Le sang maternel donne la réaction.

« … Dans les faits positifs que nous venons de rapporter, le passage de la propriété agglutinante à travers le placenta, ne peut être attribuée à l'infection fœtale, car mous avons pu constater la stérilité des fœtus morts, et les petits qui ont vécu n’ont présenté aucun signe d'infection. C’est donc par diffusion des humeurs qu’a dû s’opérer la transmission fœtale de la propriété agglutinante du sang maternel, et il faut reconnaître que le placenta, même sain, et capable d’arrêter les germes, n’oppose à cette propriété

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