‹ L'Immunité TransmiseChapitre 40 sur 96 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Transmission digestive de l’immunité

ARTICLE ‘PREMIER Rôle de la transmission digestive

L'idée de la transmission par le lait de la mère d’une résistance à certaines infections est depuis longtemps admise par nombre d’observateurs. Dès 1799, Hufeland (d’après Neumann, 1895) prétend que le lait d’une femme récemment guérie de la variole possède un pouvoir protecteur pour l'enfant. Cette notion, exprimée à diverses reprises par les médecins et par les vétérinaires, demeure longtemps à l’état d’hypothèse et elle apparaît comme un fait exceptionnel.

L'observation tend à démontrer que ce pouvoir protecteur du lait s'exerce surtout pendant les premiers jours de la vie, soit que le colostrum possède des propriétés particulières, soit que le nouveau-né présente une aptitude spéciale à utiliser les substances immunisantes ingérées. Nombre d’expérimentateurs n’ont pas étudié spécialement les propriétés du colostrum. Parfois leurs recherches portent sur les propriétés du lait sécrété plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’accouchement. D’autres n'indiquent pas exactement l’époque de leurs recherches par rapport à la naissance. Ainsi, les résultats de l'épreuve du lait

LS

s'appliquent parfois en partie au lait colostral, sans qu’il soit toujours possible de préciser le rôle de celui-ci.

Par contre, certains auteurs analysent avec précision le rôle du colostrum, c’est-à-dire du produit de la sécrétion mammaire pendant les huit ou dix jours qui suivent la délivrance.

Nous sommes done conduits à étudier successivement : d’abord le rôle du lait, confondu ou non avec celui du Bi. ! colostrum, ensuite le rôle particulier du colostrum dans

l’immunité transmise.

Les propriétés immunisantes du lait peuvent être décec lées de multiples façons. La plus simple, au point de vue ïe expérimental, consiste dans la recherche des anticorps dans ce produit. Malheureusement, cette constatation n’a qu’une valeur relative. Les mêmes anticorps peuvent se trouver à la fois dans le lait et dans les tissus du nouveau-né où ils ont été accumulés pendant la gestation (Mossé et Daunic, Achard, 1897). Les anticorps peuvent aussi exister dans le lait en trop petite quantité pour que leur transmission soit possible ou décelable.

Nous devrons donc étudier successivement :

a) La présence des anticorps dans le lait; b) La transmission de ces mêmes anticorps; c) La transmission par le lait d’un état réfractaire.

Page 1