Antiloxines
a) ANTITOXINES VÉGÉTALES. — La présence de ces antitoxines dans le lait est démontrée par Ehrlich (1892) et par Morgenroth (1899);
b) ANTITOXINE TÉTANIQUE. — Ehrlich et Wassermann (1894) montrent que, chez le cobaye immunisé, le
AUOT —
sérum a toujours une teneur en antitoxines très supérieure à celle du lait. Les rapports oscillent dans les proportions suivantes :
De 1 à 15, dans les conditions optima; De 1 à 20, — — habituelles ; De 1 à 30, — — défavorables.
Ransom (cité par Rômer, 1901) recherche la teneur en antitoxines tétaniques du lait d’une jument immunisée pendant la gestation:
Au moment de l'accouchement, 1 centimètre cube du sérum neu-
tralise deux unités et demie antitoxiques. A ce même moment, 1 centimètre cube de lait neutralise seulement un vingtième d'unité (50 fois moins que le sérum). Aucune transmission au nouveau-né n’est observée.
Cet échec peut être attribué à la faible valeur antitoxique du lait, car, ainsi que nous le verrons, la transmission des antitoxines par le lait est possible chez le cheval.
C) ANTITOXINE DIPHTÉRIQUE. — La présence des antitoxines diphtériques dans le lait est mise en évidence par Ehrlich et Wassermann (1894). Leurs expériences, très précises, sont réalisées sur des chèvres fortement immunisées vis-à-vis de la toxine diphtérique (injections de cultures d’âge croissant, de trois à quarante jours, et dont la toxicité est soigneusement titrée).
Le sérum de ces chèvres acquiert un pouvoir immunisant tel que 0 c. c. 002 suffisent à protéger contre une dose mortelle de toxine un cobaye de 350 grammes,
Le lait de ces chèvres arrive à posséder un pouvoir immunisant tel que 1/10° c. c. protège contre une dose mortelle de toxine un cobaye de 250 grammes.
Le tableau suivant permet de comparer le pouvoir antitoxique du sérum et du lait.
Des cobayes sont pris comme sujets d'expérience. Chacun d'eux reçoit : d’une part, une dose mortelle de toxine (9/10° de c. c.), d'autre part, une quantité variable de sérum ou de lait.
POIDS QUANTITÉS INJECTÉES DE | : — RÉSULTATS DU COBAYE Ê SERUM LAIT a — | —— 340 grammes. Occ 002 Aucun accident.
390 —— Oce 0015 Accidents locaux légers.
310 — Occ 0010 Mort en trois jours.
250 — Occ 1 Aucun accident.
250 — Occ 075 | Accidents locaux.
260 — Occ 05 Accidents locaux fugaces.
D’autres expériences donnent des résultats à peu près semblables : la valeur immunisante du lait est toujours nettement inférieure à celle du sérum maternel. Ehrlich et Wassermann expliquent ce fait par la dilution plus grande des anticorps dans le lait. Ils font remarquer qu’une chèvre donne en moyenne 30 litres de lait par mois, alors qu'on ne pourrait, dans le même temps, obtenir sans dommage plus d’un litre et demi de sang (c’est-à-dire environ 700 grammes de sérum).
En 1897, Salomonsen et Madsen constatent la présence d’antitoxines diphtériques dans le lait d’une jument immunisée. Les chiffres rapportés montrent, une fois de plus, que : 1° la teneur du lait en antitoxines est considérablement moindre que celle du sang. « Le pouvoir antitoxique du sang est environ deux cents fois plus fort que celui du lait »; 2° ce rapport se maintient constant durant la plus grande partie de la lactation, et, lorsqu'il varie, « le pouvoir antitoxique du lait suit exactement les variations de celui du sang ».
Rômer (1901) dose les antitoxines diphtériques contenues dans le lait d’une jument immunisée pendant la gestation.
Le pouvoir antitoxique du dait se maintient constant pendant les premières semaines qui suivent l’accouchement. I diminue ensuite progressivement. Quarante jours
après l'accouchement, il n’est plus que d’un quart d’unité immunisante par centimètre cube (1).
Dziergowski (1901), toujours chez la jument, trouve que le rapport de la teneur en antitoxines diphtériques du lait à celle du sérum, est de 1/15, 1/20 et 1/30.