Agglutinines
AGGLUTININES TYPHIQUES. — Achard (31 juin 1896) semble avoir été le premier à constater « l’action agglutinante sur le bacille d’Eberth du lait d’une nourrice atteinte de fièvre typhoïde.. Les amas sont aussi nombreux et volumineux avec le lait qu'avec le sérum sanguin. Vis-à-vis des cultures, le lait se comporte comme le sérum sanguin ». « Toutefois, l'examen du sérum de l'enfant qui se nourrissait de ce lait a été négatif. »
L'auteur ne donne pas d'indication précise sur le taux de ces agglutinations. N'est-ce pas à son insuffisance qu’est due l’absence de transmission ?
Achard et Bensaude (31 juillet 1896) rapportent l’observation d’une femme de vingt-six ans qui, au quinzième jour d’une dothiénentérie, entre dans le service de l’un d’eux, avec un enfant de deux mois qu’elle allaite. Son lait détermine, à 1 p. 10, une agglutination macroscopique des plus nettes des cultures jeunes d’Eberth en bouillon. Le sérum de l’enfant n’est pas examiné.
Tiercelin et Lenoble (1896) obtiennent une agglutination très marquée avec le lait de nourrices atteintes de fièvre typhoïde.
Dieulafoy, Widal et Sicard (29 septembre 1896) constatent la réaction agglutinante avec le lait d’une lapine e! avec celui d’une chèvre inoculées avec le bacille d’Eberth.
Charrin (1899) décèle des agglutinines dans le lait d’une femme qui allait atteindre le premier septenaire d’une
(1) Indiquons, dès maintenant, que le pouvoir antitoxique est beaucoup plus élevé dans le colostrum de la même jument (58 unités immunisantes par centimètre cube au moment de l’accouchement).
dothiénentérie. Le pouvoir agglutinant du lait est de 1 p. 30; celui du sérum de 1 p. 40 à 1 p. 50. Aucun pouvoir agglutinant n’est constaté dans les humeurs du nouveau-né.
(On ne saurait s'étonner de ce résultat négatif. Nous montrerons que le pouvoir agglutinant du lait et celui du sang de la mère doivent être beaucoup plus élevés pour qu’il y ait transmission à l’enfant.)
D’après Schumacher (1901), le lait d’une typhique agglutine au même titre que le sérum (1 p. 400), mais la transmission ne s'opère pas par voie digestive.
Staübli (1903) recherche les agglutinines, non seulement dans le lait, mais dans les liquides organiques de cobayes immunisés vis-à-vis du bacille d’Eberth. Ses conclusions sont les suivantes :
a) Les agglutinines produites chez le cobaye à la suite d’une infection par le bacille typhique ne se trouvent pas ou ne se trouvent qu’en proportion très faible (comparée à celle du sérum) dans : l’urine, la bile, la salive, les larmes, les eaux amniotiques (1);