AS ET
maladie, loin de progresser, s’atténue. Le huitième jour, seule une légère contracture persiste. L'animal guérit.
Un allaitement de vingt-quatre heures avait suffi à arréter l’évolution du tétanos.
Les conclusions pratiques qu'Ehrlich tire de ses travaux, dès 1892, nous paraissent particulièrement intéressantes. « Nous ne pouvons, en aucune manière, approuver la tendance qui se fait jour et qui consiste à substituer l’allaitement artificiel à l'allaitement maternel. Ces deux systèmes ont beau sembler peu différents, il est évident que certains artifices et certaines finesses (« Kunstgriffe und Finessen »), dont nous ne soupçonnons pas encore la portée, sont annihilés par la préparation de ces nourritures artificielles (stérilisation, etc.) » (1).
Brieger et Ehriich (1893) démontrent également la valeur antitoxique du lait dans le tétanos, qu'ils étudient chez la chèvre immunisée activement. Cette valeur peut être éva- Juée avec précision chez la souris.
On pratique successivement une injection de lait, puis une injection de toxine. On constate qu’en quatre à vingt-quatre heures, 2 centimètres cubes de lait protègent une souris de 10 grammes contre deux cents doses mortelles de toxine.
Cette valeur immunisante est fonction de l’immunité maternelle. Et l’on jféut ainsi, d’après la valeur immunisante du lait, suivre la marche de l’immunisation de la mère.
« On constate que dans les vingt-quatre heures qui suivent immédiatement l'injection immunisante chez la mère, le pouvoir antitoxique du lait tombe de 4.000 à 1.000, puis se met à remonter pendant les deux jours suivants, pour atteindre en dix-sept jours un maximum de 9.000. Après quoi, durant les treize jours qui suivent, Ce pouvoir baisse jusqu’à 4.000, point auquel il reste assez longtemps stationnaire, s’y maintenant jusqu’au relèvement produit par une nouvelle injection. »
Ehrlich et Brieger désignent ce phénomène sous le nom de « marche ondulatoire de Pimmunité. »
La valeur immunisante du lait est susceptible d’être augmentée,
(1) N'est-ce point là une remarquable prévision, non seulement du rôle des substances immunisantes du lait, mais encore de celui des vitamines ?
ART ne
si l’on concentre les antitoxines, en séparant la caséine du petit lait et en desséchant celui-ci. On obtient ainsi une poudre dont la valeur immunisante est considérable. Une quantité de lait qui à l’état naturel possède un pouvoir antitoxique de 2.000 à 2.500 acquiert un pouvoir de 900.000 à 4 millions (400 à 600 fois plus élevé) lorsque les antitoxines sont ainsi concentrées.
Brieger et Cohn (1893) confirment chez la souris les résultats d’'Ehrlich. Le lait est doué d’une action curative vis-à-vis du tétanos. Cette action est d'autant plus certaine qu’il est absorbé plus tôt avant l'apparition des symptômes.
Vaillard (1896) confirme, à son tour, le rôle du lait dans la transmission de l’immunité chez la souris. Et il apporte une notion nouvelle et fondamentale
« Ce qui est vrai chez la souris, écrit-il, cesse de l'être chez d’autres espèces. » L'allaitement par une mère immunisée ne confère au jeune cobaye aucune immunité vis-à-vis du tétanos, alors que les sujets nés de cette même mère et nourris par une mère non immunisée présentent une immunité solide (résistance à 1/15° de centimètre cube d’une toxine qui, à la dose de 1/1.000° de centimètre cube, tue le témoin en trois jours). Des résultats tout aussi négatifs sont obtenus chez le lapin.
ROUGEOLE. — Debré et Joannon (1925) rapportent que la ransmission de l’état réfractaire par le lait a été envisagée par plusieurs auteurs.
« Sydenham s’est demandé si lallaitement naturel ne favorisait pas l’immunité du tout petit enfant vis-à-vis de la rougeole. Rilliet et Barthez, Guinon (1899), Hutinel (1923), Marfan (1926) ont fait la même remarque; récemment (1924), M. Galli a publié une observation, discutable d’ailleurs. Schultze a vu, dans une crèche, la rougeole frapper des enfants nourris au biberon et respecter les enfants allaités par leur mère. 1! semble donc indéniable que l’allaisement naturel favorise l’immunité des tout petits enfants. »
BACILLE DU ROUGET, — C’est encore Ehrlich qui, en 1892, met en valeur le rôle du lait dans la transmission de l’état réfractaire vis-à-vis du rouget chez la souris.
rser
“ln. À :