B) DEUXIÈME GROUPE
Mères immunisées après l’accouchement
17 ExPÉRIENCE. — Une chèvre en état de lactation, et qui nourrit son chevreau, est immunisée suivant la technique habituelle. On lui confère une immunité assez considérable : son pouvoir hémolytique maximum, le onzième jour après la dernière injection, est de 1 p. 3.500; ce pouvoir hémolytique diminue progressivement ; le quarante-sixième jour, il n’est plus que de 1 p. 370.
Les analyses du sérum du nourrisson n’ont jamais révélé un pouvoir hémolytique supérieur à 1 p. 5.
Conclusion : Il semble donc douteux qu'une immunité acquise par la mère au cours de la lactation soit transmissible au jeune (1).
2 EXPÉRIENCE. — Au cours de cette expérience, une immunité déjà partiellement acquise par la mère avant le part est renforcée après l’accouchement.
Une chèvre déjà immunisée met bas deux jumeaux. Aussitôt après, elle reçoit une injection d’hématies de mouton. De nouvelles injections sont pratiquées tous les deux jours, jusqu’à concurrence de 425 centimètres cubes.
Le premier jour après le part, les deux chevreaux-tètent leur mère, dont le lait possède un haut pouvoir hémolytique.
Le deuxième jour, l’un des chevreaux est retiré à la mère et mis au lait de vache; l’autre est laissé à sa mère.
Les jours suivants, on constate que le chevreau enlevé à sa mère le deuxième jour après sa naissance, a, dans son sérum, la
même quantité d'hémolysines que celui qui a été laissé au lait maternel.
Conclusion : À partir du deuxième jour, les chevreaux ne reçoivent plus d’hémolysines. Les expériences antérieures établissent qu’ils n’en reçoivent pas avant la naissance. C’est donc le premier jour, el par le coloslrum, que s’opère la transmission.
3° EXPÉRIENCE, — Cette expérience est effectuée en deux temps. Premier lemps : On dose le pouvoir hémolytique du sérum
(1) L’échec de cette transmission peut tenir à ce que :
a) La teneur du lait en anticorps n’était pas suffisante. Il faut, en effet, « qu’une haute immunité soit conférée à la mère pour qu’il ait passage d’anticorps dans le lait »;
b) Le nourrisson, déjà trop âgé, n’était plus en état d’absorber des anticorps, lorsqu’ils- apparurent dans le lait (v. p. 100).