‹ L'Immunité TransmiseChapitre 66 sur 96 · LC LM AT SOMMES · texte numérisé non relu

LC LM AT SOMMES

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les titrages avaient été continués pendant plusieurs jours. Les résultats de Famulener nous autorisent à penser que le taux d’agglutination du sérum du nourrisson aurait été

croissant.

En 1925, Smith, chez de jeunes veaux, essaie à son tour de substituer le sérum maternel au colostrum. Sur quinze animaux, Cinq reçoivent du sérum par voie sous-

cutanée et intraveineuse. Trois meurent de septicémie à colibacilles.

Cinq autres animaux reçoivent, par voie digestive, un mélange

de sérum et de lait. Pas de mort.

Cinq autres reçoivent : d’une part, un mélange de sérum et de lait par voie digestive; d'autre part, du sérum par voie souscutanée et intra-veineuse. Pas de mort.

L'ordonnance de l'expérience est identique à celle de Smith et Little. Les résultats sout semblables. Seul, le pouvoir du sérum administré par voie digestive est ici plus considérable (mortalité 0, au lieu de 40 %).

d) À QUOI TIENT LA VALEUR DU COLOSTRUM ? — 1° A sa richesse en globulines. — Eichelberg (1906) démontre que le colostrum est plus riche que le lait en globulines. Bauer (1909) trouve dans le colostrum, non seulement les protéines particulières du lait, mais encore celles du sérum sanguin.

Crawther et Raistrick (1916) montrent que le colostrum est caractérisé par son extraordinaire richesse en matière protéique (18 à 20 p. 100); 6 à 12 p. 100 des protéines sont des globulines.

Wells et Osborne (1921) établissent la similitude entre la globuline du lait et du colostrum et celle du sérum sanguin. Les globulines du lait sont seules capables de déterminer une réaction anaphylactique chez des cobayes sensibilisés au sérum de bœuf.

2° A la facile absorption de ces globulines. — Howe (1921)

prouve que ce sont les globulines du colostrum qui sont le mieux assimilées.

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L'analyse chimique du sérum sanguin d’un veau pratiquée avant la tétée ne décèle qu'une faible proportion de globulines. Cette proportion augmente considérablement dès que l’animal a absorbé du colostrum. D'autre part, Howe montre que

a) Des trois globulines du sang maternel (endo-globuline, pseudo-globuline 1 et pseudo-globuline 2) seule la troisième se retrouve chez le nouveau-né à jeun. Ce n’est qu'après l’ingestion du colostrum que les endo-globulines et les pseudo-globulines 1 apparaissent dans le sérum. Or, c’est précisément à ces dernières globulines que les anticorps sont adsorbés;

b) Ces globulines ont, pendant les premiers mois de la vie, une tendance à diminuer. Les anticorps disparaissent parallèlement et graduellement, pour ne reparaître qu’à l’occasion d’une infection (Cité par Smith, 1925).

Orcutt et Howe (1922) établissent qu’il existe un rapport entre l’apparition dans le sang des agglutines et l’accumulation des protéines dans le sang et le colostrum.

Enfin, Smith (1925) écrit : « A l’absorption des anticorps par l’intermédiaire des protéines du colostrum est lié un autre phénomène. Quand les quantités de ces protéines dépassent une certaine proportion, elles passent dans l’urine, parfois en proportions telles que l’urine, même fortement diluée, se coagule à l’ébullition. Il semble que les animaux qui n’ont pas présenté de protéinurie pendant les trois premiers jours n’ont pas reçu une quantité suffisante de colostrum. »

3° À l’adsorplion des anticorps à ces globulines. — Dès 1896, Widal et Sicard montrent le rapport étroit qui existe entre la présence, dans un liquide organique, des anticorps et des substances albuminoïdes, « Les substances albuminoïdes, écrivent-ils, telles que le fibrinogène, la globuline, ou la caséine, isolés des humeurs d’un typhique.… enlèvent à la liqueur primitive la propriété agglutinante. »

C}- CONCLUSION Importance relative du lait et du colostrum

Nous avons résumé dans le tableau ci-après les résultats des observations les plus complètes. Ces données établissent nettement la supériorité du colostrum sur le lait et même sur les sérums immunisants, comme facteur de la transmission digestive de l’immunité. ;

a) Cette supériorité est évidente si l’on considère les rapports des teneurs en anticorps du sérum du jeune et du sérum maternel :

Après ingestion de lait : 1 p. 24; 1 p. 20; 1 p. 5; 1 p. 25; Après ingestion de colostrum : 1 p. 1; 1 p. 15; 1,25 p. 1;

b) Le colostrum constitue le meilleur facteur de l’immunité transmise. Il est capable de transmettre un degré d’'immunité égal, sinon supérieur, à celui que possède la mère ;

c) Cette supériorité du colostrum s’explique à la fois par l’accumulation des anticorps dans ce liquide, par ses qualités physiologiques, par le fait qu’il.est absorbé immédiatement après la naissance, et peut-être aussi par son pouvoir bactériolytique (Me et J. Bordet, 1925).

L'étude de l'absorption digestive, que nous entreprendrons ailleurs, nous aidera à mieux comprendre encore la valeur de ce produit.

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