B) RÔLE DE L'ESPÈCE
Les conditions de l’absorption digestive sont étroitement liées à l’espèce des sujets.
« Chez certains animaux, comme la souris, l’activité des sucs digestifs est très faible dans Îles premiers jours de l'existence. Il en résulte que le lait ingéré peut être résorbe directement par la paroi intestinale, sans que Îles matériaux qu’il contient, et notamment les anticorps, subissent d’altérations profondes. » (Bordet.) J
C'est sans doute à ces circonstances que Widal et Sicard doivent d’avoir constaté la transmission digestive des agglutinines typhiques chez la souris.
Toutefois, les expériences si minutieuses de Staübli (1903) montrent que le cobaye nouveau-né n’absorbe pas trace d’agglutinines par voie digestive, quelle que soit la teneur en anticorps du lait ou du colostrum, alors que la transmission de ces mêmes anticorps s'opère largement par voie placentaire chez ce même animal.
On peut, semble-t-il, admettre l'explication que Staübli donne ce phénomène. Le cobaye absorbe, très vite après. sa naissance, une nourriture végétale, alors que la souris est nourrie par sa mère pendant plusieurs jours.
Les modes de transmission de l’immunité semblent donc s'adapter, d’une façon tout à fait remarquable, aux conditions de développement des individus.