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2° Quel que soit le mode de transmission, l'immunité du jeune est, dans la grande majorité des cas, inférieure à celle de la mère;
3° Lorsque l’immunité du jeune se montre supérieure à celle de la mère, la transmission s'opère aussi bien par voie digestive que par voie placentaire. +
Remarquons que lorsque cette transmission s'opère par voie digestive, c’est le colostrum qui a été servi de vecteur;
4° Quant aux grandes variations que présente le rapport entre l’immunité de la mère et celle du jeune, on me saurait s’en étonner, Ce rapport doit être considéré comme « Pine. dice de transmission ». Plus il est faible, c’est-à-dire plus l’immunité du jeune se rapproche de celle de la mère, plus la transmission peut être considérée comme parfaite.
Il est de nombreux facteurs qui conditionnent cette transmission et que nous avons déjà envisagés. Ce sont : la nature des antigènes, les sujets d'expériences, l'immunité de la mère, les anticorps recherchés, etc.,'etc.
ARTICLE I
Durée de l’immunité transmise à l’enfant
Nous devons envisager ici la durée des immunités transmises vis-à-vis des divers antigènes.
A. ToxINEs. — I. Toxines végétales. — Les imimunités transmises à la souris par l’allaitement sont encore solides à la fin de la quatrième semaine (Ehrlich, 1892). Très intense au cours des premiers mois, cette immunité décline ensuite progressivement, pour disparaître du troisième au quatrième mois. Il est rare de la trouver encore après ce délai, Pour Vaillard (1896), la durée de cette immunité, chez la souris, n’excède pas trois mois. |
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IT. Toxine tétanique. — A la suite de ces mêmes études, Vaillard s’est encore demandé si « la vaccination de É mère au cours de la gestation ne rendrait pas plus per- sistante l’immunité du rejeton. Sur deux lapins vaccinés
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dans ces conditions contre le tétanos, il nous a été permis,
écrit-il, de constater que limmunité des jeunes n’était
guère plus durable. Elle prenait fin du troisième au cinquième mois ».
Chez l'enfant, l’immunité transmise au cours de la gros-
__ sesse par une mère immunisée (par l’anatoxine) peut, lors-
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qu’elle atteint un certain degré à la naissance, durer au moins deux mois (Nattan-Larrier, Ramon et Grasset).
HI. Toxine diphtérique. — Un poulain né d’une mère immunisée présente dans son sérum :
Le jour de sa naissance. 0 u. immunisante par c. c.
Le quatrième jour...... 1/10 u. — —
Le douzième jour....... 5 U. — — Le quatrième mois..... 1/4 u. —- —
Chez l’homme : « L'étude de la réaction de Schick au cours de la première année montre que le pourcentage des
À réactions positives est d’abord très faible (7 à 15 p. 100); il
augmente très rapidement pendant les trois ou quatre premiers mois et, à partir du sixième mois, on obtient une
4 forte proportion de résultats positifs (de 45 à 90 p. 100 vers
la fin de la première année). » (Debré et Joannon.)
B. ViRus FILTRANTS, — [. Vaccine. — Nous ne ferons que rappeler ici les expériences de Camus (1920) établissant que l’état réfractaire des nourrissons en général visà vis de la vaccine (enfants de mères vaccinées et non vac-. cinées) est surtout marqué entre zéro et trois mois (24 p. 100 d’inoculations négatives); cette immunité diminue ensuite très vite (92,6 p. 100 d’inoculations positives entre trois
et six mois, 95,5 p. 100 au-dessus de six mois).
II, Clavelée. — Burckardt (1879) constate que l'état
réfractaire transmis au jeune par la mère immunisée per- siste encore au bout de six semaines.
Vaillard (1896) rapporte les expériences dues à Rickert (1879) :
Les agneaux nés de mère vaccinée pendant la gestation se
montrèrent réfractaires à l’âge de trente ou quarante jours; éprouvés trois ans plus tard, tous contractèrent la clavelée, tandis que des agneaux de même âge, issus de mères normales mais vaccinés après la naissance, conservaient encore leur résistance après le même laps de temps.
III. Rougeole. — Debré et Joannon (1925) écrivent à ce sujet : « Chez un enfant né d’une mère antérieurement atteinte de rougeole, l’immunité est strictement absolue pendant les deux premiers mois de la vie; elle est pratiquement absolue pendant les trois premiers, mais elle devient relative au cours des quatrième et cinquième mois, et, du sixième au huitième mois, elle est nulle ou faible. Cette immunité, très forte pendant les deux à trois premiers mois de la vie, ne cesse pas ensuite brusquement, mais diminue graduellement au cours du deuxième trimestre (1)
‘au point que, si une infection morbilleuse devient possible,
elle est généralement très légère. La bénignité de ces cas est admise par Weill, Pirquet, Hermann. Il semble que la mortalité relativement faible du deuxième trimestre puisse correspondre à la persistance d’un certain degré d’immunité. Que celle-ci protège les enfants en leur évitant la rougeole ou en rendant celle-ci moins grave, le résultat est le même. Mais ce sont les constatations cliniques qui nous fournissent une preuve directe et plus décisive. Tout d'abord la période d’incubation de la rougeole est souvent prolongée chez les enfants dont l’âge va de quatre & huit mois, et elle dépasse chez nombre d’entre eux les délais habituellement si rigoureux... En outre, la fièvre, les symptômes généraux sont souvent moins marqués, l’éruption, les catarrhes moins accentués. »
G. BACILLES, — I. Charbon bactéridien, — Chez le lapin, l’immunité transmise est très prononcée au cours des deux premiers mois. Elle décline ensuite pour disparaître du {roisième au quatrième mois. Il est rare de la trouver après ce délai (Vaiïllard, 1896). Lorsque l’immunité vient à être
(1) Ce sont bien là les caractères de l’immunité transmise.
* ar. s . . ,e ; e fus F renforcée par une inoculation d’épreuve, elle n’en dispa- d raît pas moins du quatrième au cinquième mois. FE à | F E II. Charbon symptomatique. — Nous avons déjà vu que É
l’immunité transmise à cinq veaux par leurs mères immunisées pendant la gestation est encore complète le quin-
£: zième jour, (Arloing, Cornevin et Thomas, 1880). 4 IT. B. proteus. — Un cobaye, né d’une mère hautement : È immunisée vis-à-vis du B. proteus, conserve, dans son sang, KA 4 un pouvoir agglutinant très net pendant {rois à six semai- ‘4 2 nes (Achard, 1897). | Re 4 IV. Bacille d'Eberth. — Widal et Sicard (1897) montrent 5 que la diminution du pouvoir agglutinant de l'enfant est “ Ô rapide : c Ç Le 13° jour, on a : P. A. de la mère............ 1 p. 1.000 É : = — — de l’enfant.......... ‘Hp 210: (eNnT.) 2 Le 18° jour, on a : P. A. de la MR UE : 1 p. 800 | == — — delenfant..........,. 1 mp. 250 ‘ L'enfant est séparé de la mère:
Ee21°jour, on a : P. À, dé l’enfant.....:..:.. 1 p. 100 14
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Le pouvoir agglutinant à donc persisté pendant vingt S. jours environ. Or, l’enfant a été séparé de sa mère le dix- 5 huitième jour. Son pouvoir agglutinant aurait peut-être persisté plus longtemps s’il avait continué à téter sa mère.
Chez un enfant né à terme d’une mère ayant contracté la fièvre typhoïde au sixième mois de la grossesse, Mossé ct Daunic (1897) constatent que le sérum est encore doué d’un pouvoir agglutinant très net trente-trois jours après + la naissance.
Schumacher (1901) trouve que les agglutinines typhiques ont disparu au bout de trois mois dans le sérum du nouveau-né. C
Howel et Eby (1910) montrent que, chez le lapin, le pouvoir agglutinant n’est tombé à 0 que le trente-troisième
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jour.
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Yourewitch (1903) constate que le taux d’agglutination du sérum de cobayes nés de mères hautement immunisées vis-à-vis du Hacille d’'Eberth tombe très vite dans les jours qui suivent l’accouchement, que limmunité maternelle ait été obtenue activement (injection de culture) ou passivement (injection de sérum).
V. Vibrion avicide. — Vaillard (1896) constate que l’immunité transmise par voie placentaire chez le cobaye, visà-vis de ce germe, se comporte dans le temps comme l’immunité transmise vis-à-vis des toxines végétales chez la souris (durée de trois mois).
VI. Bacille de Koch. — Debré et Lelong (1925) constatent la disparition constante et rapide des anticorps tubereuleux du sang des nouveau-nés dans les trois mois qui suivent leur naissance. :
« Si le passage des anticorps est un fait certain, écriventils, nos observations montrent qu’au dela du troisième mois la réaction est toujours négative. Cette disparition constante des anticorps se fait suivant un rythme que l’on peut fixer : leur quantité décroît progressivement et rapidement pendant les huit premières semaines, pour devenir nulle vers la fin du troisième mois au plus tard.
« La disparition des anticorps après la naïssance est un processus fatal, qui n’est modifié par aucune des conditions s'irvenant après la naissance : en particulier, l’éclosion ultérieure d’une tuberculose acquise ne l'influence en aucune manière, »
Debré et Lelong établissent encore, en 1924, que, chez un enfant qui a reçu de sa mère des anticorps tuberculeux, « l’éclosion de la tuberculose acquise et l’apparition de la cuti-réaction tuberculinique n’empêchent pas la disparition automatique des anticorps maternels (1). vers le troisième mois.
(1) Cette recherche est effectuée par la réaction de Bordet-Gengou,
avec l’antigène de Nègre et Boquet, selon la méthode de Calmette et Massol.
« De plus, quand la tuberculose acquise apparaît après la disparition de ces anticorps transmis, elle n’est pas suivie immédiatement de l'élaboration d'anticorps nouveaux; ceux-ci ne sont décelables que tardivement, exceptionnellement avant l’âge de dix-huit mois, et seulement en faible quantité, »
Debré et Lelong « pratiquent la réaction de Bordet- Gengou sur quarante-huit enfants à cuti-réaction tuberculinique positive, âgés de deux mois à quatre ans »… « Cette réaction est, après le troisième mois, négative dans la presque totalité des cas, comme chez les enfants qui n’ont pas été contaminés. »
Quelle est la valeur des anticorps tuberculeux ainsi transmis ? Il semble qu’elle soit peu considérable, Pendant les trois mois où ils persistent dans le sérum des nourrissons, — cas les plus favorables —— ils ne confèrent pas à celui-ci la moindre immunité, On sait qu’un enfant né d’une mère tuberculeuse, s’il est laissé en contact avec sa mère, même moins de trois mois, est fatalement contaminé, qu’il ait reçu des anticorps ou qu’il n’en ait pas reçu.
D. ANTIGÈNES DIVERS. — Howel et Eby (1920) étudient chez le jeune lapin les variations des immunités transmises vis-à-vis de toute une série d’antigènes dans les
jours qui suivent la naissance. Ils constatent que
1° Les hémolysines du sang humain et du sang de mouton ne se trouvent plus dans le sang des jeunes qu’en faible quantité à la fin de la sixième semaine; elles ont disparu à la fin de la onzième semaine;
2° Les sensibilisatrices persistent moins de quinze jours pour le bacille typhique, trente-trois jours au moins pour le méningocoque.
3° Pour les agglutinines typhiques, le taux est encore de 1 p. 80 à 1 p. 10 (suivant les sujets) le vingt-sixième jour. Il est tombé à zéro le trente-deuxième jour.
Pour les agglutinines méningococciques, le taux est de
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1 p. 160 le vingt-troisième jour. I oscille entre 1 p. 50
et 0 le trente-troisième jour;
4 Les opsonines typhiques persistent au même taux faible (1 p. 10 à 1 p. 40) du premier au vingtième jour. Le trente-deuxième jour, il oscille encore entre 1 p. 10 et 1 p. 20.
Reymann (1920), étudiant chez la chèvre la transmission de l’antitrypsine, constate qu’au moment de la naissance la quantité d’anticorps chez le nouveau-né (215 unités par centimètre cube) est plus forte que dans le sang maternel (114 unités par centimètre cube); cette quantité décroît ensuite progressivement.
Toutefois, cette diminution, si l’on tient compte de l’augmentation du poids, représente une élévation, ou bien un état stationnaire, ou bien encore, dans un petit nombre de cas, une diminution de concentration (les examens ont été poursuivis pendant plus d’un mois après la naissance).
Ce même auteur, à propos de la transmission de lanlisaponine, écrit : « Chez des chevreaux, les chiffres (du taux des anticorps) s'élèvent immédiatement après la naissance au point de marquer une teneur plus considérable que ceux de la mère. Ensuite, ils retombent, le plus souvent, pour remonter après un certain temps dans quelques cas. Les titrages établis d’après l’augmen-. tation de poids accusent un accroissement Lprat de la teneur du sang en antisaponine. »
Dans la transmission des agglulinines (vis-à-vis de bacilles d'Eberth, coli, globules rouges de lapin et de chèvre), Reymann constate que les taux de ces anticorps dahs le sang des nouveaunés diminue rapidement jusqu'à devenir inappréciable. Mais « à l’âge de deux à quatre mois, le sang des chevreaux contient de nouveau de lagglutinine, phénomène qui s'explique probablement comme une conséquence de l’immunisation par la voie intestinale », :
Les mêmes constatations sont faites dans la transmission de la slaphylo-antilysine. « Le taux des anticorps chez les chevreaux s'élève assez rapidement immédiatement après la naissance, pour retomber au bout de quelques jours et se maintenir ensuite dans le voisinage de ce dernier niveau: dans plusieurs cas, il présentait,
un mois après, une montée secondaire » que l’auteur attribue à la transmission par le lait.
Conclusion
Nous avons résumé dans ce tableau ci-dessous toutes les indications précises que nous avons pu recueillir sur la durée de l’immunité transmise. Elles permettent de constater que :
1° Les immunités transmises sont transitoires. a) Les états réfractaires ne persistent pas au delà du cent quatre-vingtième jour (diphtérie) ;
b) Les anticorps ne sont plus décelables au delà du deux cent quarantième jour (rougeole) ;
2° La durée de l’immunité transmise varie dans des limites peu considérables. En effet :
a) La durée moyenne des états réfractaires est de quatre-vingt-quinze jours;
b) La durée moyenne des anticorps est de soixante-huit jours. ;
Cette durée relativement courte des immunités transmises ne diminue pas leur importance.
Tout d’abord, il n’est pas indifférent qu’un nouveau-né soit protégé, ne serait-ce que pendant trois à six mois. Mais cette immunité a un autre intérêt. Debré et Joannon font, à propos de la rougeole, cette remarque capitale : « La courte période d’immunité passive qui suit la naissance représente la seule période de la vie, où l’organisme puisse impunément rencontrer le germe de la rougeole. Passé ce temps, lors du premier contact, le sujet contractera la maladie. Or, il semble que dans certains cas la pénétration du virus morbilleux, pendant cette phase éphémère d’immunité, permette une véritable vaccination. »
C'est ainsi qu’en médecine vétérinaire, pour certaines infections non passibles d’une vaccination expérimentale, telle que la peste du porc, on procède à l’immunisation des sujets par la méthode suivante : On met les organismes
Nous arrivons donc à cette conclusion :
Des en état d’immunité passive par une injection de sérum et À
= on les laisse systématiquement en milieu contaminé.
L'immunité transmise doit son importance autant à la résistance qu’elle procure au jeune qu’à l'auto-vaccination qu’elle Eui permet de réaliser.