‹ L'impératrice et la juive drame en cinq actes et en proseChapitre 28 sur 57 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

STROZZAS, MANUEL,

STBOZZAS. Pour toi, seigneur?

AIANUEL. Oui : ma mère me bannit de i sa présence. J'hahilerai désormais Constantinople.

STROZZAA, d /?ar(. Il était tempe d'agiii <

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uuniBL. IA, je serai seul; car mon pèse ne me permet pas de le voir souvent. .

et puis, je le crain.s, mon père.

STKO/ZAS. Ton exil ne sera pas long.

llASiUEL AhI Strozzas, qu’importe le lien que j’habiterai , personne ne m’aime au monde. Ois-moi, qu’a-t-on lait de Sar,i?

srnOZZAS. Je l’ai moi-m6me conduite à Ciinstanlinople.

ti.uiil’EL, Toi-même ?.. Oh, jo t’en reincnie. ^

STBOZZAS. Il n’a fallu rien moins que m'a présence pour la sauver; car l’ordre | a'ait été donné de s’emparer do Sara.

HàKIJEL. £t toi , qu'a.s-tu fait?

STMOZXAS. J’ai hiit arrêter l’oflicier qui portait cet ordre.

UAVUEL. Tu as osé...

STROZZAS. J’avais besoin que jusqu ù ce soir l’impératrice pût se croire obéic, et que rien it’eveilUt scs soupçons.

HAKlIEL. Mais demain ?

STROZZAS, souriant. Demain !..

)IA.\IEL. Demain, ma mère punira Sara de Ion audace; car en quelque lieu que tu i’aiecachée, la haine du comte Jean saura l'y découvrir.

■STROZZAS. Demain, le comte Jean nu pensera point A Sara. Ne crains plus pour celle femme; son sort est mainlenanl lié au mien; cl loin qu’aucun danger puisse l’alteindre, si je succombais dans la lullc qui va s’ouvrir, c’est elle qui me vengerait. UASlEL. bile, Sara?

STROZZAS. >e i)rononce j>as co nom Que fait l’impératrice ?

UA.ltEL. Je l’ignore; mais tu vois, les jardins sont éclaires : ou a fait venir des fflusicieos, des danseuses; déjà les parfums brdicni... il y a ici une fêle, et pour la commencer on attend que ma barque ail quillé le rivage.

STROZZAS, souriant. Due fêle! c’est bien... obéis et éloigne-toi... et .si tu voyais du monde dans le fond des jardins . si tu renronlrais par busard des soldats de la prJe impériale; car la nuit est déjà venue... passe sans l’arrêter, et ne dis ri<!n.

|l.t.MEL. Mais la garde impériale ne fluille Constantinople qu’avec l’empereur?

STROZZAS. Silence, Auguste... voici ta Bière.

SCEIVE IV.

Les Mêmes, L’IMPÉRATRICE.

L IMPÉRATRICE. Manuel et Slroizas i ■ri?., je devais les croire à Constautino- | pie 1 un et l’autre.

H-uiiii,. Mzmèrel..

L’lUPÉnATRlCE,paisantdmnZ lui. Toutà-l^ieure. Réponds , noble Stroizas ; qui te ramène à Seutari?

STROZZAS. La crainte de te déplaire en n’obéissant pas assez vite à tes désirs. Je t'apporte pour le comte Jean le titre de patrice.

l’iupér.atrice. Déjà!

STROZZAS. L’empereur n’a pas hésité à le lui accorder. Pour moi, que son élévation importune, qui prévois jusqu’od il pourra monter ; moi , qui ne prétends obéir qu’à l’emjiereur et à toi... j’abandonne aujourd’hui la haute dignité dont tu m’as revêtu!.. Le comte Jean peut devenir demain premier ministre ; ce sera un pas de plqs vers le trône. ,

l’impératrice, cherchasU d cachtr sa.

joie. Strozzas, je n’avais pas trop de deux .amis dévoués pour me servir d’appui...

j’c.spère encore qu’il me resteront tous deux.

STROZZAS. Un seul a ta confiance. Qpe ferait l’autre auprès de lui?

l’impératrice. Je ne reçois pas tes adieux, eiiteiids-lu , je nu les reçois pas... je veux le revoir... je te reverrai.

STROZZ.AS. Si tn l’ordonnes.

1,’IMPÉRATRICE. Oui, demain.

STROZZ.AS, dpart. Uh! avant demain!..

(Haut.) Je nie relire. Ton lilscstlà, timide et pleurant qui attend un sourire pour approcher Il a des torts peut-être, mais ta tendresse les excusera, et je ne veux pas gêner vos mutuels épaiiehemenv.

i.'laipératriCE, a demain, Strozzas!

STROZZ.AS , d part. A cette nuit.

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