L’IMPÉRATRICE, MANUEL
l’impér atrice, d eUt-tnème. Il me laisserait libre cnliii !
U.AMJKL. Elle Ile pense même pas à me chasser !
l’impératrice. Ni reproches, ni menaces à l’avenir!..
M A.ALEL. .Ma mère...
l’i.aipÉUA TRICE. Eh bien ! Auguste , refuses-tu une .seconde fois d’obéir? as-tu résolu encore de me braver, de m’insulter comme lu l’as déjà fait?
Al AA'UEL. Si j’ai mérité que tu me parles ainsi, ma mère, je viens soumis etrepenlanl avouer mon crime, implorer mon pardon. Que ce jour soit maudit où je l’ai paru coupable, oii, tu as pu penser que tes volontés avaient cessé d’être sacrées pour oi.
L’IMPÉRATRICE. Ne pourrais-je pas Je penser encore ? Manuel devrajuil iciî
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LE MAflAllN TBÈATRAL.
MAATEL. Manuel est i tes genoux, qui ne le demande pas de révoquer l’ordre de son exil; mais il n'a pas voulu partir, emportant pour dernier souvenir de sa mère des paroles de eolère et de menace.
N’exige pas qu’il s’éloigne ainsi... vois...
il est là... à tes pieds... qui attend que ton regard se tourne vers lui moins sévère.
L’iMPÉnATHlCE. Enfant I je n’ai pas pour toi de haine.
MAALEI.. Ah ! redis-moi ces mots pour que dans mou exil ils reviennent encore doux et consolans à mon oreille.
L’iMPÉnATRICE. Lève-toi.
MANUEL. Non : laisse -moi couvrir de mes larmes cette main qui ne menace plus. Ah! si tu savais ce qu’il y a d’amour et de dévoûment pour toi dans ce cœur!., si tu pouvais croire que je donnerais à l’instant et mon titre et la couronne impériale qui m’attend pour un baiser, pour un sourire de ma mère.
l’impératrice. Manuel!..
MANUEL. Dis-moi que tu me pardonnes:
nou : cela serait trop... dis-niai qué tu me rappelleras... oh I oui... cela tu peux le dire.
l’impér.athice. Allons : r«lève-toi; je le veux.
MANUEL. Tu me rappelleras bicntdt?
L’impératrice. Manuel, tu m’as offensée trop publiquement?
klANUEL. Ah! savais-je ce que je faisais!
Les injures du comte Jean étaient là , voistu.
l’impÉR.atrice. Tu aurais dû le respecter davantage.
MANUEL. Devait-il, lui, porter la main sur moi?
l’LMPÉR.ATRICE. Assez, Manuel, assez!
MANUEL. C’est lui sans doute qui t’a demandé mon exil?.. Sans lui tu m’aurais déjà pardonné ; mais il faut qu’il triomphe encore cette fois.
l’impératrice. Auguste!..
M.ANUEL. Ah ! pourquoi le souvenir de cet homme s’est-il venu placer entre nous?
c’est à lui que tu me sacrifies. Il t’a dit ; Ton fils m’a bravé, moi, ton ouvrage, et qui se heurte à moi doit se briser. L’insensé! en me voyant si souvent le cœur gros de larmes , il a pensé que dans ce cœur il n’y avait pas autre chose ! il ne sait donc pas que pour lui il y a là tant de haine qu’elle ne peut plus se contenir et qu’il faut qu’elle éclate.
l’impératrice. Est-ce ainsi que tu te repens et que tu pries?
manuel. Oh ! il ne sera pas toujours plus puissant que moi I
I l’ihpératmcb. Achève done I j MANUEL. Oui!., un jour viendra peot- [ être , et que Dieu l’éloigne ce jour, où la ( couronne impériale descendra du front de mon père sur le mien. .. l’empereur alors jugera le comte Jean , et chacune des larmes du jeune Auguste .sera mise dans la balance.
l’impÉR.atrice. Ah ! lu jettes enfin ton masque , enfant si craintif et si tendre ! te voilà devant moi cœur et visage à découvert!.. calculant ce qu’à ton père il reste de jours à régner, Ce qu’à toi il reste de jours à feindre!.. Ah! lu menaces! Dans les yeux, enfant, laisse-moi donc deviner les sentences à venir... pour le comte Jean, la mort, n’esl-cc pas?... et pour ta mère ?...
MANUEL. Ma mère !..
l’impér.athice. L’exil peut-être?.. Tu n’as donc pas mesure la distance qui le séparait encore de ce trùnc?.. tu ne sais donc pas?.. Auguste, nous n’avons plus rien à nous dire.
M.ANUEL. Tu le veux... je pars...
l’impératrice. Obéis.
manuel. Ma mère ! dis bien au comte Jean de me tuer avant que je sois empereur.