‹ L'impératrice et la juive drame en cinq actes et en proseChapitre 3 sur 57 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

COCHERS DU CIRQUE, ditiséi en deux couleurs, les terts et Us bieus. Les toobers lerts occupent la droite, les cochers blius la gauche du théâtre. iCOÉ et THEONE, vivandières.

Au ie.er du rideau , le. coebers «>nt occupés à

£ inr leurs chars, à endosser leurs costumes.

'eux femmes versant à boire ; . l'une porte la lirrée rerte, l'autre'la lirrcc bleue. Le Iceer du ^ridesadoitolTrir un tableau brillant et animé.

DEraiÈME COenER VERT, i la vivandière • (lui porte sa couleur. Verse donc , Theon-e I Éar saini Jean! Jupiter devait Otre bien mal servi si son Bébé n’était pas "plus agile.

PREMIER VERT. Oublics-tu que tu as affaire aux favoris de Léon VI , empereur d'Orienl ? Des quatre couleurs qui , à Constantinople , distinguaient les cochers dans N* 65. XOH

les courses de chars , il ne restait depuis long-temps que la verte et la bleue. Celles-là comptaient de si nombreux partisans, que du Cirque elles avaient passédans l’état et étaient devenues deux factions politiques également puissantes, également irréconciliables : les verts, les bleus. Tour à tour protégées par des empereurs ou persécutées par d’autres, leurs longues querelles ont ensanglanté l’Orient; mais enfin le temps est venu où une couleur doit survivre à l’autre {montrant la couleur qu’il parle), la verte que voici, et quiconque ne l’adoptera pas sera traité cneunemi.

DEUXIÈME VERT. Comme les bleus nous traitaient sous les empereurs Théophile et Michel III, alors que leur parti était maître du palais et disposait du gouvernement do toutes les provinces 1

PREMIER VERT, éuranf. A la mémoire de Baxilc le Macédonien, qui releva notre fisetion! A son fils Léon VI, notre glorieux empereur, qui porte la couleur verte !

DEUXIÈXIE VERT, à Thèone. Allons, verse encore! Les premiers ryons du soleil ont trouvé toute la ville de Constantinople assise sur les gradins du Cirque : elle est venue là pour applaudir à notre triomphe; et plus d’une jolie matrone a fait pour nous des vœux à la cathédrale de Sainte-Sophie.

PREMIER VERT, riant. On dit que î’impératriec était parmi clics.

DEEXIÈXIE VERT, de mime. Appelant sur les verts la protection du ciel.

lit. »3.

^ LE HAGAJ>1.N

TOI S LES \T.RTS, riant. AhI ah! ah!

BtKlj, a la virmiefiére (jui porte ■Sa couleur. Les eriteiuls-lu , Z.oé , rire do notre divine niailrrssr? I.eur insolence en Vrtite- passe tontes les homes. Aux cochers hUus, enbuvant.) .Allons, amis! ^deurc ù 1 ïntpëratrice, notre j^almnorà nous ! gloire ù Zoé !

Tiü.ONE, rivandUre des verts. Gloire ù îtoë?.. |îu\ez-\ous il Zoé la vi\andiére ou bien .1 l'autre Zoé, rinipératriee ?. . Pour 3 l'miiKTo, j’ai relie coupe ù rider avec 'U'^tpour la seconde , j’ai certaine ode ù untcrijui réjouira l’oreille de ses proléés.

Elle chûnic.

!)<• Zoé, ootrr iiiipératrice , • • *

L*- premier épfiiox fut un duc ; 0

Mîiw il était vieux et caduc :

Il lui falUit mieux qu’un patrîce;

Or UQ uüi'On ulTicieiix

Mit le Lun houmie au rang des dieux.

A ses uiorurs on ilevîne Sa hnntcusi; origine. houTcllc Messaliue,

Chaque suur son regard *

C’bctehe dans la poussière * lloimiie a furinc gr-tssiêrc,

Ll durant nuit entière Le ftçuunc en César.

PEl'MfLME VERT. F.II(’ boniip la |>romière ‘■(roj)lio, cl im rite cuupc pleine jusqii’aiK bnrd?. A lui, Théone !.. (Il boit.) lit puis la seconde...

ZOÉ. Oli ! lai.-sei-Ia reprendre baleine; ce eliant l’a fatiguée... A moi sa plaec, et pour moi le silence.

Ettc chonte,

KVntcnds-tu pas. quand aux autels cundutl, Tu vas prier au saint teuips du carême,

Des eiiants paï'-ns résonner dans la nuit?

C’est l'eftip'-reur qui liuit et qui blasphème.

Si tu ne veux Irivntût la lui cédf^r,

A scs n'gards caclic birn la richesse;

Si OUI- t.ii setd tu prétends la garder, t

A ses regards cache bien ta nraltresse,

LES VERTS. Assez, .assez!

l'REDIER VERT. La personne de l’cmpcrenr Léon est sacrée.

PREMIER l’.EKf. Parce qu’il a adopté votre eonle.iir.ct <[ue, graee à l’impunité qu’il vous acctirile, pas un citoyen ne peut sortir ù la e.bule du jour avec une bourse à sa ceinture ou une broderie d’or à sa robe ?

Digne protecteur! Chaque malin éclaire l’orgie de la veille et laisse voir la couronne impériale roulant, tachée de vin, sous les pieds des buveurs endormis.

PIIEMIER VERT. L’iuipéralricc Zoé emploie mient ses ntiils, n’t.'St-cc pas, quand avec Anionina , Ariane et Kuplirosioc, les coiupagnes de ses débauches, elle associe tout CunsUntinoplc à l’empire?

TllÉATtlAL. '■ .

DEI'XIÈME ULEli. Pour (jue vous défendiez ainsi l’empereur, il faiM ^l^it tenu ce matin quelques-uns deVos^i^l^ sur les fonts de baptême. * tÿ

PREMIER VERT. Oh! VOUS l’aimez moins que vous n’aitnicz l’empereur Michel III, le protecteur des bleus , dont le père de Léon nous a délivré. Micbell’ivrogne, qui, rcneonlrant un jour sur le port un misérable matelot nommé Basiticin, eut la fantaisie d’en faire son collègue, et partagea sou Irtinc avec lui.

PREMIER liLEli. Est-ce donc le premier empereur qu’un caprice a ramassé dans la fotile? Vingt se sont assis sur le trône qui n’avaient de pins nobles aïeux que les siens; cl, après tout, ce matelot valait bien le cheval qu’un autre empereur üt consul.

PREMIER VERT. Qucn’allez-Tousle chercher dans les écuries du palais où il vit ignoré depuis qu’on l’a chassé du trâne?

Grand bruit d'acclamations du côté du cirque.

THÉOKE. Silence 1 ces cris annoncent l’empereur ou le jeune Auguste.

TOl'S. Aux courses ! aux courses !

Ils s'appréteut à faire rouler teura chars rerr le cirque, quand Basillcid entre tout eflaré.

TIIÉOXE, l'ttpercerant. Parla vierge! c’est Basiliciii i|ui cause ces clameurs.

TOI S. Basilicin!..

PREMIER VERT, a'tx bleus. Le collègue déahu de votre empereur Michel!

UASIEICIX, entrant effaré. Au secours!

au secours! non! je n'y consens pas.

TOUS LES VERTS, rit riant. Salut, César! Auguste, salut!

DASILICIX. Encore! eux aussi! Laissetmoi! par pitié!.. Ne m'y forcez pas, citoyens, je vous en conjure!

TOls. Qu’a- t-i! donc?

PREMIER VERT. Il faut qu’on ait mêlé qiiebpio cho.se à tou vin ou que tu eu aies trop pris aujourd’hui.

UASil.iciX. Non, non; je ne veux pas!

je n’acreplerai pas !

TilÉOXK, riant. Que t’est-il arrivé, seigneur?

llASiLiniN. Eh 1 vous le savez bien, puisque tout-à-l’hcure vous criiez comme eux.

PREMIER VERT ET LES AVTRES. Non!

IIASILICIN , regardant avec effroi autour de lui. Il ik'y a pas ici de manteau impérial qu’on veuille me jeter sur les épaules?. . à la bonne heure! J’entrais au Cirque... et, par la vraie croix, sans avoir l’intention d’y exciter un soulèvement. L'n rustre, quc.je heurte en passant, me reconnaît et s’avise de prononcer mon nom tout haut... Aussitôt ce nom passe de bouche en bouche., , Basilkiul Baeilicial.. puis

itti

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