‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 26 sur 105 · I. Fidejussores · texte numérisé non relu

I. Fidejussores

être étonné que Justinien et Théodora aient voulu non seulement tirer les comédiennes de la servitude, mais leur rendre possibles les unions légales qui leur étaient interdites. C'est pour cela sans doute qu'ils portèrent la loi dont il a été question plus haut et qui ne contient que deux réserves : la première, que les comédiennes, en se mariant, abandonneraient à jamais un métier considéré comme déshonnête; la seconde, qu'elles lie pourraient épouser un dignitaire de Pempîre sans un rescrit particulier de l'empereur et sans constitution de dot^. Un peu plus tard, ils se montrèrent encore plus larges à leur égard. On lit, en effet, dans le Code (liv. I, tit. iv, 33) a que les femmes libres, ainsi que les converties, peuvent s'unir en légitime mariage même aux plus hauts dignitaires, sans qu'il soit besoin de rescrits impériaux, sous la seule condition de la constitution écrite de dot; et que pareilles facilités sont accordées aux filles de comédiennes. » Cette loi est de l'an 534. Par la suite, le crédit de

I. Dotale instrumentum ; c'est Tacte écrit par lequel une dot est constituée à la femme.

Théodora ne cessant de grandir', nous voyons parallèlement s^améliorer sans cesse la condition des femmes jusque-là réputées abjectes. Ainsi la Novelle 5i, de Tan 537, non seulement confirme Tautorisation des mariages des grands avec des comédiennes, mais révoque d^une manière générale les lois qui prohibaient les alliances entre personne d'inégales conditions. Les contrats et constitutions de dot ne sont même plus exigés. Ces formalités, dit le texte, ne seront plus nécessaires pour la validité des mariages et il ne sera plus tenu compte de la qualité des personnes. Enfin la JVbve//e 117, portée en 541, confirme et légalise toutes les unions de ce genre, même celles qui ont été contractées avant l'abrogation du rescrit de Constantin.

Page 1