‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 29 sur 105 · THÉODORA ET LA QUESTION DU DIVORCE · texte numérisé non relu

THÉODORA ET LA QUESTION DU DIVORCE

Que ces lois aient été efficaces, je n'en jurerais point. Mais elles dénotent de bonnes intentions et on doit en louer leurs auteurs. Pour en revenir à Théodora, le lecteur doit, à mon sens, inférer de ce qui précède de deux choses Tune : ou qu'en devenant la femme de Justinien elle avait passé subitement, sans transition, de la dépravation la plus éhontée, du genre de vie le plus méprisable, à l'exercice et à l'amour des plus pures vertus domestiques (et, franchement, ce n'est guère vraisemblable); ou que les accusations lancées contre elle par Procope ne méritent aucune créance. N'est- il pas remarquable que l'auteur même de VHistoire secrète^ qui savait tant d'anecdotes graveleuses sur la jeunesse de l'impératrice, n'en ait produit aucune sur la vie qu'elle mena depuis son mariage? C'est à peine s'il signale en passant un jeune homme, nommé Aréobinde, qu'elle aurait aimé, à ce qu'on ditj ajoute-t-il prudemment et sans insis-

ter'. Quant aux autres auteurs du sixième siècle, pas un, même parmi les ennemis les plus ardents de rimpératrice, ne lui impute le moindre manquement à la foi conjugale. Uauguste parvenue avait sans doute trop d'esprit pour compromettre par d'illicites amours la fortune inespérée — et jalousée — qu'elle avait faite. Du reste, étroitement gardée par les eunuques du palais, condamnée par un cérémonial et une étiquette ridicules à une représentation incessante, on ne voit guère comment elle eût pu nouer des intrigues de cœur et chercher aventure la nuit dans les rues de Constantinople. J'ajoute qu'il serait bien surprenant qu'une femme légère, et qui eût pour son compte méprisé le lien conjugal, eût employé tout son règne, parfois avec trop de zèle, à le faire respecter par les autres. Il ressort d'une foule de textes, que je pourrais citer, que, loin de protéger l'adultère, Théodora saisissait toute occasion de défendre la sainteté et l'inviolabilité du mariage. Il est, par exemple, question, au

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