I. Histoire secrète, ch. xvi
livre III de la Guerre des Goths^^ d'un général illustre, nommé Artaban, qui, après de grands succès en Afrique, demanda à Justinien la main de sa nièce Préîecte, dont il était épris. Qui s'opposa au mariage? L'impératrice, par cette raison qu'Anaban avait déjà une femme, qu'il avait depuis longtemps abandonnée, réduite à la misère et qu'il voulait répudier sans motifs légitimes. Théodora prit, paraît-il, le parti de cette malheureuse et le soutint si vivement qu'Artaban, sous peine de disgrâce, dut la reprendre et lui rendre son rang. Je ne suis pas étonné, du reste, qu'elle se montrât, en fait, si favorable au principe de l'indissolubilité du mariage. Son intérêt personnel, non moins que la répugnance de l'Eglise pour le divorce, lui dictait une pareille conduite. Née de bas lieu, élevée au trône presque par miracle, elle pouvait craindre qu'une répudiation ne la fît descendre un jour de ce trône, où elle voulait vivre et mourir. Aussi toute sa vie travailla-t-elle à resserrer les liens légaux du ma-