‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 38 sur 105 · LES FACTIONS DE L'HIPPODROME ET L'AFFAIRE DE NIKA · texte numérisé non relu

LES FACTIONS DE L'HIPPODROME ET L'AFFAIRE DE NIKA

Ainsi Théodora fut toute-puissante. Mais il est bon de faire remarquer qu'elle ne le fut pas toujours, et que son autorité, si étendue à la fin de sa vie, l'était sans doute beaucoup moins au début du règne de Justinien. Ce prince, qui connaissait les affaires et dont l'esprit ne manquait ni de finesse ni de fermeté, n'eût point, à l'aveugle,

I . Histoire secrète, ch. xv. Procope cite aussi un sénateur qui, étant allé lui demander justice, dans la posture la plus humble, ne fut accueillie par elle que par des éclats de rire et par des chants moqueurs auxquels s'associaient les femmes de la suite de Pimpératrice.

abandonné l'État à une femme. Aussi ne Passociat-il vraiment aux affaires qu'après avoir éprouvé, dans des circonstances difficiles, ses aptitudes et surtout la vigueur de son caractère. Procope ni les autres historiens ne signalent son immixtion dans le gouvernement avant la cinquième année du règne, c'est-à-dire avant532. — 532, c'estl'époque de la sédition de Nika, J'inclinerais à croire que jusqu'à ce moment elle n'avait pris à l'administration qu'une part insignifiante. Le discours si remarquable qu'elle prononça dans le conseil au milieu de cette crise en est presque la preuve. Il ressort en effet des précautions oratoires qui en forment l'exorde que les ministres de Tempereur n'étaient pas habitués jusque-là à voir une femme intervenir dans leurs discussions '. Tous les historiens conviennent que la révolte eût été sans elle une révolution. Mais, s'il faut en croire Procope, l'émeute n'aurait pas non plus éclaté sans elle. D'après lui, Théodora portait dès l'enfance une haine mortelle à la faction des Verts^ qui

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