‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 39 sur 105 · I. Procope. Guerre des Perses, liv. 1, chap. xxiv · texte numérisé non relu

I. Procope. Guerre des Perses, liv. 1, chap. xxiv

Tavait repoussée, honnie, injuriée; elle tenait au contraire passionnément pour le parti des BletiSj quiFavaiept adoptée et à qui elle devait ses succès de théâtre. Devenue impératrice, elle était restée fidèle à ses amis et avait fait partager à son époux ses affections aussi bien que ses rancunes. Justinien s'était mis à persécuter les Verts et avait au contraire fermé les yeux sur les méfaits des Bleus. Ces derniers, enhardis par l'impunité, s'étaient regardés dans la capitale comme en ville conquise. Constantinople, grâce à eux, était devenue inhabitable. Plus de sécurité pour leurs adversaires, ni même pour la masse paisible et indifférente de la population. Incendies, vols à main armée, enlèvements de femmes, viols et attentats de toute nature s'étaient multipliés sans que les coupables, protégés par la souveraine, fussent jamais châtiés. De là, un jour, l'explosion de colère qui se produisit en plein Hippodrome et qui faillit coûter à l'empereur le trône et la vie. C'est ainsi qu'il faudrait, d'après VHistoire secrète et divers endroits des ouvrages d'Évagre, de Marcellinus et de Zonaras, expliquer la sédi-*

tion de Nika^* Le lecteur me permettra d'expliquer brièvement pourquoi je ne partage pas cette manière de voir. D'abord les troubles causés par la rivalité des factions théâtrales ne sont pas par-^ ticuliers au règne de Justinîen. Il s'en était produit, et très fréquemment, d'analogues dès les premiers temps de l'empire romain. Suétone ^^ Dion Cassius^, bien d'autres encore4, en ont porté témoignage. Constantinople et la plupart des grandes villes d'Orient étaient, dès le quatrième siècle, troublées et ensanglantées sans relâche par les factions du cirque. Partout les Bleus et les Verts étaient depuis longtemps en

1. Histoire secrète y ch. vu. — Évagre, liv. IV, ch. xxxi. — Zonaras. — Marcellinus, Chronique. — Le comte Marcellinus vivait au commencement du sixième siècle. Il a laissé une Chronique en quatre livres, embrassant l'histoire de Pempire depuis Tavènement de Théodose jusqu'à celui de Justin (5i8); cet ouvrage a été continué jusqu'à l'année 534 par un anonyme.

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