I. Théophane, Chronographie
vaîent pour l'empereur. Quoi qu'il en soit, il est un fait reconnu et que Procope, au livre II de la Guerre des Perses^ ^ a mis en pleine lumière, c'est qu'en présence de l'émeute triomphante Justinien se crut perdu et qu'elle seule montra pour le sauver le courage d'un homme. Tout le monde tremblait au palais. Le maître, éperdu, ne songeait plus qu'à la fuite. C'est alors que Théodora, qui assistait au conseil, fit entendre ces viriles paroles : «r ... Je ne veux pas qu'on me voie dépouillée de cette pourpre; je ne veux pas, en prolongeant ma vie, n'être plus saluée sur mon passage du titre de souveraine. Si vous tenez à éviter la mort, empereur, c'est facile. Nous avons de l'or, voici la mer, les navires sont là, tout prêts. Mais songez-y, vous regretterez peut-être, une fois sorti du péril, d'avoir préféré le salut au trépas. Le trône est un glorieux sépulcre, c'est une vieille maxime et je m'y tiens. » A ce discours ardent, Justinien et tous les assistants rougirent de leur lâcheté. L'empereur, réconforté, se joi-