Histoire romaine, liv. LIX
4. Par exemple, saint Grégoire de Nazianze, au quatrième siècle, dans ses ïambes à Séleucus, Voy. du reste à ce sujet les savantes notes d'Alemanni sur le chap. vu de V Histoire secrète.
lutte. La violence de leurs conflits tenait lieu aux Byzantins de liberté publique. Les haines religieuses, les passions politiques et souvent les plus vulgaires convoitises trouvaient dans ces rixes et ces émeutes des occasions de se satisfaire. Les deux partis commettaient les mêmes violences, les mêmes crimes. Seulement le plus faible criait d'ordinaire à la persécution. Que les Bleus eussent volé, tué, ravi des femmes, c'est probable. Mais ils n'avaient pas fait plus de mal sous Justinien que sous Justin et sous Anastase, et Procope ne dit point nettement à quel règne se rapportent les actes monstrueux dont il fait mention. Les Verts^ qui se plaignaient d'être opprimés, se comportèrent, une fois la sédition commencée, avec encore plus de violence et de barbarie que leurs adversaires. La moitié de Constant! nople fut brûlée par eux; avec eux furent déchaînés de toutes parts le meurtre, le pillage et la dévastation. Il est à croire, du reste, que cette faction n'attendait qu'un prétexte pour prendre les armes, qu'elle avait des vues politiques et que le mouvement était préparé d'avance.
N'avait-elle pas des prétendants à pousser au trône? Les deux neveux d'Anastase, Hypatius et Pompéius, écartés de l'empire par Justin, conservaient encore, sous Justinien, des espérances et des amis. Le premier acte des Verts, dès qu'ils se crurent vainqueurs, fut de proclamer Auguste le premier de ces princes. On voit donc qu'il s'agissait pour eux de bien autre chose que de protester contre les caprices et les préférences de Théodora. Quant à l'impératrice, j'ai dit plus haut et je tiens à répéter qu'au milieu du tumulte de l'Hippodrome, dans le violent colloque rapporté par Théophane, son nom ne fut même pas prononcé par les mécontents. Ils n'en voulaient, paraît-il, qu'à Justinien. A lui seul s'adressaient leurs réclamations, leurs reproches et finalement leurs outrages. « Plût à Dieu, lui criaient-ils, que Sabbatius n'eût jamais vécu! Son sanguinaire fils n'aurait pas vu le jour'.» Mais de l'impératrice ils ne disaient rien. D'où l'on peut inférer qu'ils n'étendaient pas jusqu'à elle la haine qu'ils éprou-