‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 46 sur 105 · Ch. IV · texte numérisé non relu

Ch. IV

2. Cassiodore, né en 468, vivait encore en 56 1. Il joua pendant cinquante ans un rôle considérable dans le gouvernement de l'Italie. Il fut, en somme, le principal ministre de Théodoric, d'Amalasonthe, de Théodat et même de Vitigès. Voyant la fortune des Goths fléchir, il se retira des affaires en 538, alla fonder un monastère dans les environs de Squillace, en Calabre, et passa les dernières années de sa vie dans l'étude et les exercices de piété. Ses lettres et rescrits politiques, réunis par lui

en effet, au nom de son maître, les lignes suivantes, d'où il faudrait conclure à une entente secrète entre l'usurpateur et Théodora : a Au sujet de la personne dont il nous a été parlé à mots couverts, sachez qu'il a été statué conformément à vos intentions. Nous désirons, en effet, que votre volonté ne se fasse pas moins dans notre royaume que dans votre empire. » De quelle ^er^onne s'agit-il? C'est ce que nul ne peut savoir; et comme on ignore même absolument la date de cette lettre, on conviendra que le passage en question n'est pas très probant. Du reste, on doit . se demander pourquoi Théodora eût souhaité si vivement la mort d'Amalasonthe. Procope donne à entendre que la reine des Goths, menacée par son peuple et redoutant une révolte, voulait se retirer à Constantinople, et que l'impératrice craignait qu'elle ne lui ravît la confiance et l'amour de son époux. Amalasonthe était de race

sous le titre de Varia sont, malgré la subtilité du style et l'obscurité voulue de certains passages, d'un grand secours pour l'histoire de l'Italie sous la domination gothique.

royale, jeune encore, d'une beauté célèbre ; une instruction très étendue et un esprit plein de ressources faisaient d'elle une femme accomplie. Puis, elle aurait toujours eu un parti puissant parmi les Goths et Justinien eût, en l'épousant, singulièrement facilité à Bélisaire l'occupation de ritalie. La fille d'Acacius le gardien des ours aurait donc pressenti en elle une rivale. De là sa haine, de là son crime. Mais ce ne sont que des conjectures. Amalasonthe avait en effet songé un instant à fuir à Byzance, mais il est certain qu'elle avait promptement renoncé à ce projet. Effectivement elle avait cru, en épousant Théodat, affermir son autorité, prévenir tout complot, toute révolution I. Ne s'était-elle pas donné un protecteur? Le protecteur la trahit et latuà 2. Elle ne s'en était pas moins fiée à lui, ce qui prouve qu'elle ne pensait plus au patronage de Justinien. En outre, est-il admissible qu'à cette époque (c'est-à-dire en 535, année du meurtre d'Amala-

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