Histoire secrète, ch. ix
L'IxMPERATRICE 109
aient, éveillé ou surexcité l'ambition des généraux, on n'en saurait être surpris. Justinien pouvait mourir, ou être renversé; il fallait se tenir prêt à recueillir son héritage, à s'emparer du trône ou à y placer un ami. De là vient que Bélisaire regardait beaucoup plus vers Byzance que vers la Perse. VHistoire secrète ' affirme et je croirais volontiers qu'il avait pris ses mesures, avec un de ses lieutenants, nommé Buzès, pour se saisir du pouvoir suprême avec l'aide de ses troupes. Mais la fortune trompa ses calculs. On annonça que l'empereur allait mieux, que le calme était rétabli à Constantinople. Plus de complot possible; il n'en fut plus question. Mais le bruit en était venu jusqu'aux souverains.
Était-il surprenant qu'ils retirassent leur confiance aux conspirateurs de la veille? Buzès, on ne sait pourquoi, fut le plus durement traité. « Théodora, dit Procope, fit jeter dans une basse fosse infecte cet homme consulaire; il y resta longtemps enfoui; quand on l'en tira, au bout de