I. Ch. IV
deux ans et quatre mois, c'était comme un revenant; il en perdit la vue et sa santé, dès lors, ne fit plus que languir... » Ce récit n'est pas tout à fait exact. Si Buzès fût sorti infirme de sa prison, il n'eût sans doute pas reçu, par la suite, de Justinien, de nouvelles missions militaires et n'eût point commandé des armées, comme on en a la preuve » . Quant à Bélisaire, l'auteur de VHistoire secrète nous le fait voir abattu par sa disgrâce, avili, suant la peur, s'abaissant aux plus honteuses prières, se traînant aux genoux de l'indigne Antonine et aux pieds de l'impératrice 2. Un homme qui avait tant de fois bravé la mort sur les champs de bataille était-il capable de tant de lâcheté? Je ne puis le croire. Sans admettre qu'il se soit déshonoré à ce point, on doit penser que, se sentant un peu coupable^ il demanda sa grâce et la fit solliciter par sa femme. Théodora, d'ailleurs, ne se montra point implacable. Elle fut même clémente, peut-être par politique. Non seulement Bélisaire ne fut pas puni, mais elle le