THÉODORA ET SA POLICE SECRÈTE
Les exemples que j'ai cités jusqu'ici prouvent, je croîs, que l'immixtion de Théodora dans les
I. Chroniqueur et romancier byzantin du douzième siècle, qui a laissé un Tableau historique s'étendant du commencement du monde à Tan 1081. — Voy. les notes d'Alemanni sur le cli. iv de l' Histoire secrète.
affaires publiques fut, en somme, profitable à Pempereur et à l'empire. Il y faut voir autre chose que Pingérence capricieuse et incoliérente d'une femme. passionnée. Qu'elle ait toujours distribué avec équité la faveur ou la disgrâce; qu'elle n'ait jamais cédé ni aux entraînements de l'amitié ni à ceux de la haine, c'est ce que je me garderais bien de prétendre. Ce sont des fautes que nul ministre, et, à plus forte raison, nul souverain n'évite. Procope lui reproche aigrement le soin qu'elle donnait à la police secrète. Elle avait partout, nous dit-il', des agents, des espions. Les propos de ses sujets et leurs affaires privées lui étaient journellement . rapportés. Quoi que Ton pût dire, cjans la rue ou. chez soj, l'on n'était jamais sûr qu'elle l'ignorât. Peut-être y a-t-il dans ce tableau quelque exagération. Mais j'admets volontiers que l'impératrice employait des moyens de surveillance'^ d'information, que les gouvernements despotiques ont tou-» jours jugés nécessaires et que les gouvernements