‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 75 sur 105 · Procope, Guerre des Goths, liv. I, ch. xxv · texte numérisé non relu

Procope, Guerre des Goths, liv. I, ch. xxv

3. On ouvrait au hasard les Évangiles et on prenait, par exemple, le premier verset de la page qu'on avait sous les yeux comme réponse à la question que Ton avait faite. — Voy. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, liv. II, ch. xxxvii; liv. IV, ch. xvi; liv. V, ch. xiv. — Conciles (Labbe), t. IV, \,passim.

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taient bien le paganisme. Enfin il ne manquait pas d'hommes distingués et du premier rang qui se couvraient d'un christianisme d'emprunt, parce qu'il le fallait, pour obtenir les emplois et la faveur impériale, mais qui laissaient leurs enfants et leurs femmes pratiquer l'ancien culte et se livraient eux-mêmes en cachette aux arts magiques et aux plus honteuses superstitions I. De ce nombre, s'il faut en croire Procope, Hésychius de Milet, Théophane et Suidas 2, étaient le célèbre jurisconsulte Tribonien, questeur du palais, les préfets du prétoire Jean de Cappadoce et Asclépiodote, le maître des offices Thomas, le maître des milices Phocas, le référendaire Macédonius, le patrice Pégase. Rappelons de plus un fait bien curieux : c'est qu'en 529 il y avait encore à Athènes sept philosophes platoniciens, qui professaient à l'Académie et combattaient

1. Code de Justinien, liv. I, tit. XI {De paganis et sacrifiais et templis).

2. Procope, Guerre des Perses, liv. I, ch. xxv; Histoire secrète, passim. — Théophane, Chronogr,, année 52g. — - Pour Hésychius de Milet et Suidas, notes d'Alemanni au chapitre xi de VHistoire secrète.

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ouvertement les dogmes chrétiens. Il faut enfin tenir compte des samaritains, qui formaient une population fort dense en Palestine et en Syrie, et des juifs, qu'on trouvait en grand nombre dans toutes les villes de l'empire '. Mais cette confusion de cultes et de croyances n'est rien à côté de celle qui existait au sein même du christianisme. Les sectes qui divisaient l'Eglise et qui, toutes, se prétendaient en possession de la vérité, étaient innombrables 2. Grâce à elles, le dogme était tiré en tant de sens différents, les questions peu claires par elles-mêmes devenaient si obscures, les mêmes mots prenaient tant d'acceptions diverses, qu'il était bien difficile de rester orthodoxe et qu'il y avait presque autant d'hérésies

1. Code, liv. I, tit. V. — Procope, Théophane, passim. — Les samaritains n'admettaient qu'une partie de l'Ancien Testament. — On désignait liouvent sous leur nom, d'une manière générale, les gentils ou païens des provinces orientales.

2. On en trouvera l'énumération, non complète, mais plus étendue que celle que je puis donner, dans les An^ nales ecclésiastiques de Baronius, t. VIII, p. 246-249; — dans le traité de Sectis, de Léonce le Scholastique (ch. v-x), etc.

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que de chrétiens. Le manichéisme, qui venait de la Perse et tenait un peu des doctrines de Zoroastre, regardait Dieu comme composé de deux éléments, le bien et le mal. Varianisme, si cher aux Goths et aux Vandales, niait, ou à peu près, la divinité de Jésus-Christ. Les macédoniens ou pneumatomaques ne reconnaissaient pas celle du Saint-Esprit. Les nestoriens distinguaient dans le Christ non seulement deux natures, mais deux personnes , même après Fincarnation, et refusaient à la Vierge Marie le titre de mère de Dieu, Tout au contraire, les eutychiens, comme on Ta vu plus haut, n'admettaient en Jésus qu'une seule nature ' , son humanité s'étant, pensaient-ils, entièrement fondue dans sa divinité. Cette secte était, en somme, au sixième siècle, la plus nombreuse. Anathématisée par le concile de Chalcédoine, vivement combattue par d'illustres docteurs, comme le pape Léon 2, Théodoret^,

1. Aussi^les désigne-t-on souvent sous le nom de mO' nophysites,

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