Code, liv. I, tit. I, ch. vu
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peut-être celle que Victor dénature dans sa rancune de sectaire. Le fait est qu'elle est absolument orthodoxe, c'est-à-dire conforme à la doctrine des conciles. Elle déclare que le Christ, fait homme et crucifié, est une des trois personnes de la Sainte- Trinité, ajoutant seulement qu'il est consubstantiel au Père par sa divinité^ consubstantiel à Vhomme par son humanité^ quHl a pu souffrir dans sa chair y quHl ne Va pas pu dans sa divinité '. On a, d'autre part, allégué, pour prouver que Justinien avait été entraîné par Théodora dans le parti eutychien, la faveur de l'évêque Anthime, de cette secte, élevé, grâce à l'impératrice, au patriarcat de Gonstantinople. On a rappelé qu'il défendit quelque peu ce prélat, accusé d'hérésie par le pape Agapet. Mais il est constant qu'Anthime, pour devenir patriarche, avait feint une orthodoxie qui n'était pas dans son cœur 2; il l'est
1. Consubstantialem Patri secundum deitatem, consubstantialem nobis secundum humanitatem, passibilem carne, eumdem impassibilem deitate,
2. « Latenter Chalcedonense concilium non suscipientem,» dit de lui Libératus, ch. xx. — Sur Anthime, voyez Procope, Histoire secrète, ch. xviii (et les Notes d'Ale-
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aussi que l'empereur, dès que ses vrais sentiments lui furent pleinement connus, le chassa de son siège, renvoya en exil, sans que Théodora fît rien pour s'y opposer. Ceci n'est pas une conjecture, car on peut lire la Novelle 42 (de juillet 536) qui anathématise et proscrit Anthime, en même temps que Sévère (l'ami de l'impératrice). Arrivons maintenant à cette querelle des Trois Chapitres qui, si l'on en croit Victor de Tunes, le diacre Libératus et quelques autres, aurait été vraiment pour l'orthodoxie de Justinien la pierre d'achoppement. Sous cette rubrique des Trois Chapitres^ on désignait les doctrines de Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d'Édesse S théologiens du cinquième siècle,' qui avaient soutenu — timidement, sans franchise, mais enfin soutenu — les croyances de Nestorius. Les livres de ces docteurs étaient l'arsenal des nestoriens honteux qui, sans s'élever
manni); — Anastase le Bibliothécaire, Vie cPAgapet, etc. I. Sur ces trois personnages et sur leurs écrits, notamment sur la fameuse lettre d'ibas à Maris, voy. les Conciles (Labbe), t. IV, 621-681.
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ouvertement contre les conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, si sévères pour leurs doctrines, ne cessaient de les attaquer en dessous. Les eutychiens, anathématisés aussi par les décrets de Chalcédoine, se déclaraient prêts à s'y soumettre si, préalablement, les Trois Chapitres étaient condamnés sans réserve '. Cétait de bonne guerre ; et dans Tintérét de l'orthodoxie, on ne devait pas leur refuser cette satisfaction. Voilà comment Justinien qui, en la leur accordant, ne songeait qu'à rétablir la paix de l'Église, parut aux nestoriens (de bonne ou de mauvaise foi, peu importe) travailler simplement pour la secte d'Eutychès. Et ce ne fut pas seulement par Théodora qu'il fut incité à sévir contre les écrits de Théodore de Mopsueste, de Thiodoret et d'Ibas ; ce fut aussi et surtout, à c^ que nous apprennent Libératus et Facundu5 *, par Théodore, évéque de Césarée, qui avait alors auprès de lui le plus grand crédit. Il faut ajouter que si les Trois Chapitres furent proscrits, ce ne fut pas du vivant de